Chine et pollution: le combat sera de longue haleine

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La Chine, qui vient d'annoncer des objectifs ambitieux de réduction de ses émissions nocives, doit néanmoins faire face à un combat de longue haleine contre la pollution, d'au moins 18 ans, ont affirmé lundi des experts.

Les mesures adoptées par le Conseil des affaires de l'Etat (gouvernement) semblent être une «étape décisive dans la campagne antipollution du pays», a estimé dans un rapport la Deutsche Bank.

Parmi ces mesures rendues publiques vendredi figure la possibilité de faire porter la responsabilité de la qualité de l'air sur les responsables locaux.

L'objectif assigné est de réduire en cinq ans de 30% les émissions polluantes dans les principales industries de la Chine.

Les efforts «pourraient durer 18 ans avant que la moyenne des particules PM 2,5 ne tombe à un niveau de 30 dans les villes chinoises», soit un niveau jugé acceptable pour la santé publique, a toutefois estimé la Deutsche Bank.

Les particules PM 2,5, d'un diamètre inférieur ou égal à 2,5 microns, pénètrent plus profondément dans les poumons et sont les plus dangereuses pour la santé. A Pékin et dans d'autres métropoles chinoises cette densité de PM 2,5 atteint régulièrement des taux très inquiétants, allant jusqu'à près de 40 fois le plafond préconisé par l'OMS.

Les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement sont «une réponse à la préoccupation au sein de la société», a commenté Ma Jun, directeur de l'Institut des affaires publiques et environnementales.

«Cela va être un énorme défi de mettre en oeuvre ces mesures», a-t-il toutefois ajouté. «La raison principale (de la pollution) est que les gouvernements locaux protègent leurs industries polluantes en faisant primer la course au PIB».

La Chine, deuxième économie de la planète et premier marché automobile mondial, voit son environnement menacé par ses très nombreuses industries polluantes, son trafic routier en constante expansion et son laxisme pour protéger les écosystèmes.

En outre, le pays tire plus de 70% de son énergie de la combustion du charbon, ce qui en fait le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre.

La pollution de l'athmosphère en Chine a été la cause de 1,2 milllion de décès prématurés en 2010, a assuré en mars un rapport du Health Effect Institute américain publié dans la revue médicale britannique The Lancet.