Un client fait ses courses dans un supermarché à Toulouse.
Un client fait ses courses dans un supermarché à Toulouse. — Frédéric Scheiber/20 Minutes

ALIMENTATION

Les industries agroalimentaires cherchent à renouer avec le consommateur

Après le scandale de la viande de cheval, les industriels lancent une plate-forme d'informations sur le Web...

Si on avait demandé à Findus ce que contenaient ses lasagnes, qu’aurait-il répondu? Après le scandale de la viande de cheval qui a ébranlé l’industrie agroalimentaire en début d’année, l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) abat ses cartes pour regagner la confiance des consommateurs. Deux outils sur le Web, baptisés Alimexpert et Alimévolution, vont permettre aux Français de poser toutes leurs questions sur le contenu et le mode de fabrication des aliments.

Des recettes trop secrètes

«Notre but est d’aller vers la transparence totale», assure Jean-René Buisson, président de l’Ania. Car les Français ont faim d’informations: selon un baromètre TNS-Sofres réalisé pour l’Ania, 65% des Français estiment que les entreprises françaises de l’industrie alimentaire n’informent pas honnêtement les consommateurs et 49% ne leur font pas confiance. «La seule solution pour renouer le dialogue avec le consommateur est de rentrer dans le jeu», estime Jean-René Buisson. Le jeu sera une partie de questions-réponses, les questions étant posées directement par les internautes à l’Ania. «Nous apporterons systématiquement des réponses, dont la solidité assoira le dispositif, poursuit le président de l’association. Notre objectif est de devenir une référence et d’avoir le même trafic que des sites d’associations de consommateurs.»

Mais qui dit trafic ne dit pas forcément confiance. Pourquoi le consommateur se fierait-il aux réponses apportées par une association d’industriels auxquels il n’accorde plus de crédit? «La crédibilité va se reconstruire petit à petit, pense Jean-René Buisson. Le site sera peut-être critiqué au début mais nos réponses seront appuyées par les avis des autorités sanitaires et les études scientifiques.» Et pour finir de convaincre les consommateurs de la qualité de leurs produits, les industriels se sont même engagés à ouvrir leurs usines pour des visites. «On nous reproche une culture du secret liée à la protection des recettes, reconnaît Jean-René Buisson. Nous voulons maintenant changer la manière dont les industriels communiquent, la confiance viendra par la transparence.»