Le gouvernement veut doubler les surfaces agricoles bio d'ici à 2017

PLANETE Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a présenté son programme «Ambition bio» ce vendredi matin...

Corentin Chauvel

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Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture
Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

«Ambition bio 2017», c’est parti. Après neuf mois de préparation, le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a présenté ce vendredi matin, à la veille du Printemps bio 2013, le programme du gouvernement pour poursuivre le développement de l’agriculture biologique en France. L’objectif principal est de doubler d’ici fin 2017 la part en bio des surfaces agricoles utiles, aujourd’hui de seulement 4%.

«On devrait aller plus loin que cela», a annoncé, confiant, Stéphane Le Foll. Mais le ministre ne veut pas se cantonner à des objectifs quantitatifs. «Il faut développer la production et la structure tout entière et s’assurer de sa bonne tenue», a-t-il précisé. Pour cela, le ministère et l’Agence bio, qui pilote le programme, ont prévu six axes.

Développer, structurer, consommer

Le premier consiste à développer la production du bio tout en protégeant les ressources naturelles, dont l’eau. «Il faut afficher des ambitions en termes de moyens, de méthodes et d’outils», a déclaré Stéphane Le Foll. Cela passe par des financements: 160 millions d’euros par an d’aide vont être consacrés au bio (maintien ou conversion des exploitations) sur la période 2014-2020, soit un doublement des aides, et le crédit d’impôt sera maintenu.

«Il faut mettre en réseau l’ensemble des acteurs du bio afin de favoriser une dynamique dans la durée», a poursuivi le ministre. C’est l’objet du deuxième axe, à savoir «structurer les filières». Pour cela, la priorité va être donnée aux projets «grandes cultures». C’est en effet dans les zones de grande culture qu’il y a le moins de bio –environ 160.000 hectares sur un million d’hectares de surfaces bio-, ont indiqué les acteurs du bio. Le financement est lui aussi mis en avant avec le renforcement du fonds Avenir bio (quatre millions d’euros par an contre trois auparavant) et la sollicitation de la Banque publique d’investissement. «Tout doit pouvoir être financé», a prévenu Stéphane Le Foll, même si, crise oblige, les budgets ne sont pas extensibles.

Troisième axe: développer la consommation et conquérir des marchés. Le Grenelle de l’environnement avait fixé comme objectif d’atteindre la part de 20% de produits bio dans les cantines scolaires. Le programme «Ambition bio 2017» va plus loin en élargissant ce pourcentage à toute la restauration collective de l’Etat (ministères, hôpitaux, etc.). La sensibilisation des écoliers, de leurs parents et enseignants sera toujours d’actualité également.

Un million d’hectares, 25.000 producteurs

Les trois derniers axes ont été présentés de manière plus succincte par Stéphane Le Foll. Il s’agit de renforcer la recherche autour du bio, de former les acteurs de l’agriculture au bio –à travers un renforcement des enseignements dans les formations agricoles- et d’adapter la réglementation, en la simplifiant notamment.

«Ces grandes lignes sont ambitieuses et partagées par tous les acteurs du bio», a salué dans la foulée Etienne Gangneron, le président de l’Agence bio, qui a annoncé que la barre des 25.000 producteurs bio avait été dépassée. «Il y a un ralentissement depuis deux-trois ans, mais la progression continue», a-t-il précisé. Etienne Gangneron s’est également félicité du fait que la France, contrairement à d’autres pays européens «qui font le choix du bio pour l’export», avait pris le parti de produire «pour nos consommateurs», avec une autonomie en progression (25% du bio consommé chaque année en France est importé).