Longjumeau baisse la lumière pour les insectes

URBANISME L'association Noé Conservation lance une charte pour inciter les communes à réduire l'éclairage nocturne. Exemple à Longjumeau...

Audrey Chauvet

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Un lampadaire au coucher du soleil.
Un lampadaire au coucher du soleil. — DE NUL/SIPA

On ne distingue plus le jour de la nuit: dans les villes, mais aussi à la campagne, la pollution lumineuse a aboli la véritable nuit noire. Pourtant, certaines espèces animales et végétales dépendent de l’obscurité pour vivre: insectes, chauve-souris et même humains peuvent être perturbés par la rupture artificielle de ce cycle. Pour les aider, l’association Noé Conservation lancera ce jeudi une charte à destination des collectivités locales pour les inciter à éclairer leur ville sans déranger la vie nocturne.

Led et filtres de couleur

Une première expérience a été réalisée à Longjumeau, dans le parc Nativelle. «Nous voulions mettre le parc en valeur par la lumière en intégrant la lutte contre les nuisances lumineuses et en gardant notre objectif d’économies d’énergie», explique Sandrine Gelot-Rateau, la maire de Longjumeau. Une étude de la flore et de la faune du parc, réalisée en partenariat avec Noé Conservation, a été réalisée pour identifier les zones devant rester sombres, notamment pour préserver les habitations des oiseaux. «Nous avons changé l’orientation des éclairages car certains arbres pouvaient abriter des nids. Un apport de lumière aurait gêné le cycle nocturne de la faune», poursuit la maire.

L’éclairage urbain a été réalisé avec des Led pour rendre le parc plus agréable pour les piétons et plus vivable pour les animaux. «La puissance d’éclairage a été réduite et nous avons installé des filtres de couleurs qui peuvent être compatibles avec la vie végétale», explique Franck Bonnefond, directeur du pôle grands projets chez Bouygues Energies Services, qui a réalisé l’éclairage du parc Nativelle. Ce nouveau dispositif, entre autres mesures, permettra à la ville de réaliser des économies d’énergie de 35%. «Le projet a été bien reçu par nos concitoyens, se félicite Sandrine Gelot-Rateau. Il ne nuit absolument pas à la qualité scénographique de la mise en lumière du parc et permet d’avoir à la fois un éclairage raisonné et une biodiversité protégée.»