Journée de la Terre: Cinq initiatives originales lancées par les internautes de «20 Minutes»

TÉMOIGNAGES ls sauvent les légumes, élèvent des vers de terre ou construisent des sculptures à partir de déchets marins...

Témoignages recueillis et édités par Christine Laemmel

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Lundi 22 avril se tient partout sur la planète la «Journée de la Terre». Vingt-quatre heures pour parler de l’état de la planète, tenter de sensibiliser encore et toujours ses habitants à la préservation de l’environnement. Un refrain trop entendu pour attirer l’attention? Pas de problème, les internautes de 20 Minutes innovent. Marion, Nicolas, Stéphanie, Gwenaëlle et Flavie, nous racontent leurs projets pour changer les choses.

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Gwenaëlle: «J’élève des vers de terre dans mes épluchures de légumes»

Cette internaute le confesse: les vers de terre «ont un aspect tout à fait repoussant». Mais leur corps visqueux mis de côté, ils raffolent de nos déchets ménagers, et ça, c’est bon pour la planète. «Je peux vous dire qu'ils raffolent de la tomate et des écorces de melons, détaille Gwenaëlle. A l'inverse les peaux de bananes et les épluchures d'oignons c'est pas vraiment ça.» Pour les sceptiques, elle garantit «ni odeurs ni moucherons. Et une excellente terre pour nos fleurs ou jardins». Surtout, associé au tri sélectif, Gwenaëlle a diminué par trois ses ordures ménagères. «Le plus sympa dans l'histoire c'est tout de même de pouvoir dire à mes nièces de 10 et 4 ans "Qui veut venir avec moi nourrir les vers de terre?" et les voir accourir. Parce que tout de même une tata qui possède un élevage de vers de terre, il n'y en a pas à tous les coins de rue.»

Nicolas: «Je crée des œuvres d’art à partir de déchets marins»

Les «rastagagnes». L’expression est aussi incompréhensible que chantante. En occitan, comprenez «laisses de mer», c'est-à-dire tous les déchets naturels rejetés par la mer. Nicolas, sauveteur et animateur sportif, est aussi plongeur en Languedoc-Roussillon. De ses virées en eaux profondes, il ramène souvent des coquilles vides, bouts de bois et algues. Mais pas que. Vieux filets de pêche, fils de plastiques et cordelettes trainent aussi au fond de l’eau. Plutôt que de les éliminer, Nicolas a décidé de les exposer, mis en scène dans des sculptures improbables ou métaphoriques, qui deviennent de vraies œuvres d’art. «La démarche se veut éducative, écologique, artistique, citoyenne, philosophique et poétique», résume Nicolas.

Flavie: «Nous redistribuons les légumes destinés à être jetés»

Dans la région de Nantes, Flavie et les autres «glaneurs», «récupèrent des fruits et légumes frais destinés à être jetés, écrit-elle, ou laissés au champ chez les agriculteurs partenaires, et les acheminent vers des structures de redistribution de nourriture.» Pas assez «esthétiques» pour être vendus en grande distribution, ou «de trop», ces légumes sont d’ordinaire enfouis dans la terre jusqu’à la prochaine récolte, oubliés. Grâce à une douzaine de bénévoles, «le réseau» a récupéré fin mars, pour leur première opération, plus de 400kg de légumes chez les agriculteurs locaux, redistribués aux Restos du Coeurs, à la Croix Rouge et à des épiceries solidaires. «Et ce n'est qu'un début!» assure Flavie.

Stéphanie: «Les élèves parlent des requins pour sortir du cliché du mangeur d’homme»

Depuis la rentrée de septembre, 36 élèves de CE2 du quartier de La Palissade à Saint-Louis (La Réunion), «racontent les requins». Interviews, carnet de bord et revue de presse, les éco-reporters surfent sur les polémiques qui agitent l’île. Le but: les faire taire, justement. «La société réunionnaise est très divisée sur le requin, explique Stéphanie, conceptrice du projet. Certains veulent le chasser, d’autres voudraient juste étudier son comportement». Les élèves essayent juste de mieux le connaître, et de «dépasser les passions». D’une conception toute faite de «requins mangeurs d’hommes», les enfants sont passés sept mois plus tard à un réel intérêt. «Une élève a dessiné un énorme requin sur la voiture de ses parents, un autre a un doudou-requin, s’amuse Stéphanie. Ils voient aussi la magie de l’animal». Et aideront peut-être leurs ainés à nuancer leurs discours. 

Marion: «A l’université de Lyon, nous recyclons les stylos usagés»

L 'Association des Etudiants de Lyon en Biologie des Organismes (AELBO) regroupe 82 étudiants autour de l'écologie scientifique. Au programme: sorties sur le terrain et conférences, sur des thèmes aussi variés que les chimpanzés, les lichens, la géologie, les amphibiens ou les mousses. Mais surtout, ils proposent aux étudiants de récupérer leurs stylos usagés afin de les recycler. «Nous faisons partie des brigades des instruments d'écriture organisées par Terracycle, entreprise de collecte de déchets, explique Marion. Il s'agit de récolter les stylos usagés (feutres, stylos, surligneurs, bref, tout ce qui écrit et qui est en plastique). Une fois qu'on a récolté une quantité suffisante de stylos, on les envoie à Terracycle, qui les recycle et reverse 0,02€ par stylo à l'association de notre choix (en l'occurrence nous-même!).» Quoi de mieux pour sensibiliser les jeunes au recyclage, que de toucher à leurs stylos «instruments emblématiques des étudiants»?