Environnement, société: Quand le cinéma nous fait changer de point de vue

VIDEORAMA Le dernier film de Gus Van Sant s'invite dans le débat sur les gaz de schiste, à l'image d'autres fictions traitant de sujets de société...

Audrey Chauvet

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Matt Damon dans le film Promised land, de Gus Van Sant.
Matt Damon dans le film Promised land, de Gus Van Sant. — Mars Distribution

Matt Damon sera-t-il plus fort que les manifestations? Le dernier film de Gus Van Sant, Promised Land, en salle ce mercredi, est une nouvelle pierre dans le jardin des partisans de l’exploitation du gaz de schiste: Matt Damon y campe un représentant d’un groupe énergétique chargé de convaincre les habitants d’une petite ville américaine de forer leurs terres pour y exploiter les fameux gaz. Mais ce qui semblait être une formalité va se révéler bien compliqué lorsque les citoyens vont prendre conscience des dangers de cette exploitation…

Le film risque donc de devenir culte chez les militants anti-gaz de schiste. A l’image d’autres films, devenus symboliques d’un combat, d’une cause ou qui ont influencé l’opinion voire suscité des décisions politiques.

Les «Indigènes» obtiennent gain de cause

L’exemple le plus frappant est sans doute celui du film de Rachid Bouchareb, Indigènes, qui suit quatre soldats d’Afrique du Nord combattant pour la France durant la Seconde Guerre mondiale. Sorti en 2006, le film sert de porte-voix aux anciens combattants originaires des ex-colonies réclamant les mêmes pensions que tous les autres soldats français. Ils obtiennent gain de cause quelques mois après la présentation du film au festival de Cannes.

La solidarité à l’honneur dans «Welcome»

Impossible de ne pas s’attacher à Bilal, un jeune migrant kurde tentant par tous les moyens de passer de Calais à l’Angleterre, héros du film Welcome de Philippe Lioret, sorti en 2009. Alors que Sangatte et les «jungles» de Calais font l’actualité, le cinéaste nous fait passer de l’autre côté de la barrière. Un député socialiste dépose après la sortie du film une proposition de loi pour dépénaliser le délit de solidarité, illustré dans le film par le maître-nageur incarné par Vincent Lindon qui apprend à nager au jeune Bilal.

«La journée de la jupe», un symbole

«Une jupe, ce n'est qu'un bout de tissu, mais qu'elle soit courte ou qu'elle soit longue, ce symbole peut nous aider à gagner une bataille contre l'obscurantisme, et même contre ce qu'il convient d'appeler, la haine des femmes.» Isabelle Adjani, rôle principal du film de Jean-Paul Lilienfeld sorti en 2009, a résumé l’objectif du film: dénoncer le sexisme ordinaire subi par une prof de collège. Le débat autour de l’instauration d’une «journée de la jupe» reprend de plus belle après la diffusion du film.

«Parade» pour tous

En plein débat sur le mariage pour tous, un petit film serbe sort sur les écrans français en janvier 2013. Le réalisateur Srdjan Dragojevic y décrit le courage et les prouesses de ruse que les militants pour les droits des homosexuels ont dû déployer pour organiser la première Gay pride à Belgrade. Dans les salles françaises, La parade trouve un écho particulier et certaines séances se terminent en appel à la manifestation…

>> Et vous, un film vous a-t-il déjà fait changer d’opinion? Même un scénario engagé n’a jamais altéré vos convictions? Il vous arrive de mettre de l’eau dans votre vin après un long métrage particulièrement convaincant ?

En précisant le film et votre position initiale, racontez-nous comment un film vous a déjà fait virer de cap. Réagissez dans les commentaires ci-dessous ou écrivez-nous à reporter-mobile@20minutes.fr