Razzia chinoise sur le lait en poudre: «Il y a toujours une place dans la valise pour une boîte de lait»

TEMOIGNAGE Une maman française vivant à Pékin témoigne des difficultés à s'approvisionner en lait en poudre...

Audrey Chauvet

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Un étal de lait en poudre en Chine, en 2011.
Un étal de lait en poudre en Chine, en 2011. — SK Hon/EyePress News

En guise de souvenir de Paris, le lait en poudre a détrôné la tour Eiffel miniature. Les Chinois, effrayés par les scandales successifs, ne veulent plus consommer les produits laitiers nationaux et ramènent d’Europe des boîtes de lait pour bébé. Car dans les magasins chinois, le lait importé coûte une petite fortune.

>> Lire notre reportage dans des pharmacies parisiennes  

Caroline Mocquiaux, maman française vivant à Pékin, témoigne: «Dans les magasins de produits d’importation, la boîte de lait coûte 45 euros. On trouve aussi des produits reconditionnés ici, mais je n’ai pas confiance dans ceux-là.» Pour s’approvisionner en lait en poudre sain, une seule solution : l’acheter en France. Soit en le commandant sur Internet  et en se le faisant livrer par la poste, «mais ça coûte très cher», soit en le rapportant dans les valises. «Dès que les maris partent en voyage d’affaires, ils en ramènent, poursuit Caroline Mocquiaux. Il y a toujours une place dans la valise pour une boîte de lait.»

«J’ai toujours plus de deux mois d’avance»

Les mamans expatriées ont recours à l’entraide et doivent être bien organisées: «On s’en rapporte entre amis, on se dépanne les uns les autres. Nous n’achetons du lait ici que lorsque nous sommes coincés, raconte la Française. En ce moment, j’ai huit boîtes de lait dans mon placard et j’ai toujours plus de deux mois d’avance. Nous avons tous des stocks.» Et il n’y a pas que les bébés qui soient concernés: les yaourts et produits laitiers chinois n’ont pas la cote auprès des expatriés. «Nous avons toutes nos yaourtières, nous n’achetons aucun produit laitier ici.»

Pour la communauté expatriée et pour les Chinois aisés, le fait-maison et l’importation sont donc la solution aux inquiétudes sur la qualité des produits. Mais les Chinois modestes sont contraints de consommer les produits locaux. «Les Chinoises allaitent très longtemps, c’est dramatique quand les mamans n’ont pas assez de lait au sein», témoigne Caroline.