Le changement climatique va augmenter les turbulences sur les vols Paris-New York

CLIMAT Les turbulences vont gagner en puissance et en fréquence d'ici à 2050 en raison des émissions de CO2...

Audrey Chauvet

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Un avion de US Airways décolle de l'aéroport Ronald Reagan de Washington le 6 novembre 2010.
Un avion de US Airways décolle de l'aéroport Ronald Reagan de Washington le 6 novembre 2010. — S. LOEB / AFP

Si vous êtes terrorisé à chaque trou d’air, les voyages en avion risquent de devenir un enfer d’ici quelques années. D’après une étude britannique, publiée ce lundi dans Nature climate change, le changement climatique pourrait rendre les vols transatlantiques très houleux: les turbulences pourraient être deux fois plus fréquentes en 2050 qu’aujourd’hui sur un Paris-New York.

Des turbulences indétectables

Alors qu’actuellement les voyageurs sont secoués par des turbulences durant en moyenne 1% de leur voyage au-dessus de l’Atlantique, la hausse des émissions de dioxyde de carbone pourrait augmenter la fréquence des «turbulences en air clair». Les scientifiques ont montré que les «jet streams», des flux d’air très rapide dans lesquels la vitesse maximale du vent peut dépasser 300km/h, s’accéléreront avec la hausse des concentrations de CO2 dans l’atmosphère.

Pour les aviateurs, les turbulences deviendront donc plus vives et difficiles à éviter: «Les turbulences en air clair sont invisibles à l’œil et pour les appareils électroniques dans les avions», explique Paul Williams, de l’université de Reading. Les «jet streams» devraient également se déplacer vers le nord de l’Atlantique, en plein sur la route des avions reliant le nord de l’Europe aux Etats-Unis, par exemple.

De 7 à 14 minutes de fortes turbulences

Ainsi, si les niveaux de CO2 doublent d’ici à 2050 par rapport à l’ère préindustrielle, ce qui semble très probable pour les climatologues, les effets conjugués du déplacement et de l’intensification des «jet streams» devraient conduire à une augmentation de la force des turbulences de 10 à 40% et de leur fréquence de 40 à 170%. Sur un Paris-New York de 8h, au lieu de subir 5 minutes de turbulences en moyenne, nous pourrions devoir nous accrocher à notre siège pendant 7 à 14 minutes…

«On pourrait penser qu’il y aura simplement un peu plus de verres renversés», blague Paul Williams, mais selon lui les turbulences pourraient coûter cher aux compagnies aériennes en usant prématurément les avions. Sans compter que les passagers les plus craintifs pourraient renoncer à prendre l’avion.