Un accident nucléaire majeur en France coûterait 760 milliards d'euros

ENERGIE Mais l'estimation préalable de 5.800 milliards d'euros n'est pas confirmée...

Avec Reuters

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La centrale nucléaire de Tricastin, en septembre 2010.
La centrale nucléaire de Tricastin, en septembre 2010. — Claude Paris/AP/SIPA

Economie atomisée, régions pulvérisées…  Malgré les dégâts quasi inestimables qu’un accident nucléaire majeur causerait à la France, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) s’est prêté au jeu du calcul pour réviser à la baisse ses estimations de 2007. L’IRSN estime, dans un rapport publié ce mardi, que le coût d'un accident nucléaire majeur serait de 760 milliards d'euros et pourrait, mais le chiffre de 5.800 milliards d'euros cité dans un ancien rapport ancien de 2007, n’est pas confirmé. «Le rapport de 2007 citait une valeur extrême, issue d'une modélisation rudimentaire, de 5.800 milliards d'euros. Les travaux récents de l'IRSN ne confirment pas cette estimation extrême», indique l'institut public dans un communiqué.

En cas d'accident nucléaire majeur, le coût pour la France serait principalement déterminé par les conditions météorologiques, précise notamment cette étude. «Une météo favorable au moment de l'accident ferait baisser le coût de l'accident de 40% en réduisant les surfaces contaminées et le coût des relogements», détaille l'étude, soulignant par exemple que, dans le pire des scénarios, les indemnisations représenteraient près de 5.000 milliards d'euros. Dans ce scénario extrême, la France pourrait en effet être amenée à indemniser des victimes situées hors de ses frontières, souligne l'étude.

Le scénario médian revu à la baisse

En février 2013, l'IRSN avait publié une étude actualisée qui évoquait un coût médian de 430 milliards d'euros, soit l'équivalent de 20% du PIB, pour le même type d'accident. La valeur extrême de ce scénario médian est beaucoup moins importante que celles envisagées en 2007, «inférieures à 1.000 milliards» dans les conditions les plus défavorables, a déclaré à Reuters Thierry Charles, directeur général adjoint de l'IRSN. «On arrive nettement en dessous d'un ordre de grandeur de 5.800 milliards d'euros», dit-il.

Ce chiffre, publié par le Journal du dimanche, avait provoqué l'émotion des écologistes, qui avaient réclamé notamment qu'un audit complémentaire «indépendant et pluraliste» soit réalisé au plus vite. Le groupe EELV avait également demandé la constitution d'un fonds de provisionnement correspondant au coût d'un accident majeur et alimenté par les opérateurs de l'industrie nucléaire.