Le responsable de la fermeture de Fessenheim dénonce un «certain autisme du milieu nucléaire»

avec AFP

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Francis Rol-Tanguy, le haut fonctionnaire chargé de préparer la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, a déploré mardi un "certain autisme du milieu nucléaire" hostile à une décision qui selon lui rendrait "service" à EDF, dans un entretien au Figaro.
Francis Rol-Tanguy, le haut fonctionnaire chargé de préparer la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, a déploré mardi un "certain autisme du milieu nucléaire" hostile à une décision qui selon lui rendrait "service" à EDF, dans un entretien au Figaro. — Sebastien Bozon AFP

Francis Rol-Tanguy, le haut fonctionnaire chargé de préparer la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, a déploré mardi un «certain autisme du milieu nucléaire» hostile à une décision qui selon lui rendrait «service» à EDF, dans un entretien au Figaro. Interrogé sur l'hostilité d'EDF et des salariés de la centrale alsacienne au projet de fermeture, le délégué interministériel, souvent surnommé «M. Fessenheim», se dit confronté au sein d'EDF à «un certain autisme du milieu nucléaire». «La France ayant jusque-là fait le choix massif de l'atome, on constate chez certains une difficulté à penser autrement», souligne-t-il dans cet entretien publié mardi, tout en indiquant avoir établi des échanges réguliers avec l'exploitant du parc nucléaire français.

«L'exportation de courant est la seule raison d'être d'un parc nucléaire d'une telle taille»

En revanche, côté syndicats, c'est toujours le blocage. Le délégué interministériel, qui s'était vu refuser l'accès à la centrale en décembre par des salariés en colère peu après sa nomination, reconnaît que «le contact n'a pas encore été établi puisqu'ils n'ont pas voulu me rencontrer». Malgré ces fortes résistances, Francis Rol-Tanguy réaffirme la nécessité de fermer Fessenheim, doyenne des centrales nucléaires françaises en activité, au nom selon lui de la nécessité d'étaler dans le temps les inévitables fermetures de réacteurs. «Pour étaler les fermetures il faut commencer sans tarder et sans prolonger toutes les centrales jusqu'à 60 ans comme le souhaite EDF», plaide-t-il. Et selon lui, l'arrêt de la centrale alsacienne ne pose aucun problème pour le parc électrique français et rendrait même au fond service à EDF, alors que la demande d'électricité est de son point de vue appelée à se réduire.

«Le parc nucléaire français est loin de tourner à pleine capacité (...) L'exportation de courant est la seule raison d'être d'un parc nucléaire d'une telle taille», et «finalement, en fermant Fessenheim, je rends service à EDF», affirme-t-il. La fermeture de Fessenheim, la plus ancienne centrale française, est une promesse de campagne de François Hollande. En janvier, la présidence de la République avait réaffirmé son intention de fermer la centrale «fin 2016, début 2017», et «normalement fin 2016». Concernant ce calendrier très serré, Francis Rol-Tanguy rappelle au Figaro qu'«il faut compter quatre ans à partir de maintenant» pour pouvoir démarrer la procédure de décret de mise à l'arrêt définitif, mais dit avoir bon espoir que ce décret «soit pris avant la présidentielle» de 2017.