Ecolos et éleveurs d'accord pour tuer 24 loups maximum par an

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Quelque 70 agriculteurs du Causse Méjean ont créé mardi à Mas-de-Val (Lozère) un collectif contre le loup demandant à l'administration des "mesures d'urgence radicale" afin d'éradiquer un animal, qui selon eux, met en péril leur exploitation, ont-ils indiqué lors d'une conférence de presse.
Quelque 70 agriculteurs du Causse Méjean ont créé mardi à Mas-de-Val (Lozère) un collectif contre le loup demandant à l'administration des "mesures d'urgence radicale" afin d'éradiquer un animal, qui selon eux, met en péril leur exploitation, ont-ils indiqué lors d'une conférence de presse. — Philippe Huguen afp.com

Associations écologistes et éleveurs de moutons se sont entendus vendredi pour établir à 24, soit le double du chiffre actuel, le nombre maximum de loups pouvant être tués par an pour protéger les troupeaux, a annoncé le député Christophe Castaner, président du «Groupe national Loup» (GNL).

Réuni à Lyon, le GNL, qui réunit tous les acteurs concernés par le dossier loup et chargé par le gouvernement d'élaborer les détails du plan 2012-2017 annoncé en février, a abouti à «un accord unanime accepté par tous», a précisé M. Castaner dans un communiqué.

Parmi les points adoptés, le GNL propose que le nombre maximum de loups pouvant être abattus par les éleveurs soit porté à 24. En 2012/2013, ce chiffre était de 11. En 2011/2012, il était de six. Sept loups ont été tués entre 2008 et 2012.

Le chiffre de 24 «a été déterminé pour garantir la progression de l'espèce, mais une progression faible parce qu'actuellement, les loups progressent de 19% par an, ce qui est assez spectaculaire», a dit M. Castaner à l'AFP.

«Même si on en prélève 24, on sait qu'on a 65 ou 70% de chances que le nombre de loups en France continue à progresser», a-t-il précisé. Ce chiffre sera réévalué chaque année, voire tous les six mois, sur la base d'un «suivi biologique plus réactif» de l'espèce pour mieux évaluer son évolution localement.

L'objectif du plan loup est de «trouver l'équilibre entre l'affirmation que le loup restera une espèce protégée en France et donner de vrais moyens aux éleveurs de pouvoir se défendre, parce qu'on est passé de 0 à 5.000 bêtes tuées en quelques années, et surtout il y une désespérance sociale d'une très très grande violence chez les éleveurs», a affirmé M. Castaner.

Les recommandations du GNL seront soumises à une consultation publique. Les ministres de l'Agriculture et de l'Ecologie, Stephane Le Foll et Delphine Batho, devraient prendre un arrêté de mise en oeuvre au plus tard fin mai.

Le loup, revenu naturellement au début des années 90 dans les Alpes, est en croissance constante en France, avec une «aire de répartition» qui augmente de 25% par an. Ils sont au nombre de 250 aujourd'hui en France.