Des salons de coiffure dont on ressort plus bio

audrey chauvet

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Moins de bruit et d'odeurs, le salon de coiffure écolo est aussi plus agréable.
Moins de bruit et d'odeurs, le salon de coiffure écolo est aussi plus agréable. — V. WARTNER / 20 Minutes

Quand on entre dans le salon BioBela, on est frappé par l'odeur : il n'y en a pas. Comme une centaine de coiffeurs en France, Miguel Da Silva a choisi de faire labelliser ses deux salons parisiens « Développement durable, mon coiffeur s'engage ». Pour cela, il lui a fallu réduire sa consommation d'eau et d'énergie, recycler ses emballages et se fournir en produits bio, sans ingrédients chimiques agressifs pour les narines. « C'est aussi meilleur pour les cheveux, pour la santé des clients et pour celle de la coiffeuse », raconte Miguel.

La coiffeuse, c'est Maria, qui nous explique avant de nous faire passer au bac que, dans les salons classiques, « certaines collègues étaient allergiques aux produits chimiques. On est toute la journée dans l'odeur d'ammoniaque, on finit par ne plus s'en apercevoir. Mais aujourd'hui, si je devais retourner dans un salon traditionnel, je préférerais toiletter des chiens ! »

« On ne fait pas de décoloration, défrisage ou décapage »


Ce n'est pas un hasard si le label « Développement durable » a été créé par les Institutions de la coiffure, qui regroupent les régimes de retraite, de prévoyance et les mutuelles complémentaires de la profession. Son directeur, Jacques Minjollet, explique que la création du label, en 2008, s'inscrivait dans la suite logique des politiques de prévention des maladies chez les coiffeurs. « Nous avons ensuite décidé de nous attaquer à la partie environnementale de notre métier », explique-t-il.

Pour obtenir le label, le salon BioBela a « réduit la consommation d'eau et d'électricité de 30 % grâce à des économiseurs dans les bacs et des lampes à économies d'énergie ; les fournisseurs récupèrent les emballages et nous apportons nos tubes de couleurs vides à la décharge », détaille Miguel. Le bruit dans le salon entre aussi en compte ainsi que la qualité de l'air. « Toutes nos couleurs sont sans parabènes, sans ammoniaque et à base d'huiles essentielles, assure Miguel. Mais on ne fait pas de décoloration, défrisage ou décapage. » Maria confirme en nous massant le cuir chevelu avec un shampooing bio à l'huile d'olive : « Les mèches claires sont faites avec des produits à base d'argile et de fécule de pomme de terre. » L'odorat de la cliente apprécie, son cheveu lui dit merci et une fois le brushing terminé, aucune trace pour la planète : « Tout se recycle, sauf les cheveux ! », s'exclame Maria, en mettant la touche finale de laque bio sur la tête bien coiffée et reposée de la cliente.