Le lait de soja déconseillé pour l'alimentation des bébés

SANTE Des cas graves de malnutrition ont été signalés sur des nourrissons nourris avec des boissons autres que le lait maternel...

Audrey Chauvet

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Un bébé et son biberon.
Un bébé et son biberon. — LEVY BRUNO/SIPA

Pas de soja dans le biberon: l’Agence nationale de sécurités sanitaire (Anses) publie ce jeudi un avis pour alerter les parents sur les risques de donner aux bébés des boissons autres que le lait maternel ou ses substituts. Les laits végétaux en particulier, à base de soja, amande ou riz, sont fortement déconseillés avant un an car «ils ne permettent pas de couvrir intégralement les besoins nutritionnels spécifiques des nourrissons», estime l’Anses.

«Même si ces produits n’ont rien d’intrinsèquement dangereux», explique l’Anses, ils «n’ont pas été formulés pour l’enfant de moins de un an». Contrairement au lait maternel ou ses substituts à base de protéines végétales ou animales, ils peuvent exposer les bébés à des carences qui ont un impact majeur sur la croissance durant la première année de la vie. «Le nourrisson est particulièrement dépendant d’une alimentation adéquate», rappelle l’agence de sécurité sanitaire, à qui des cas «graves» ont été rapportés.

Des complications infectieuses qui peuvent aller jusqu’au décès de l’enfant

«Les troubles décrits chez les nourrissons ayant été alimentés avec ces boissons sont d’autant plus graves que leur usage est exclusif et prolongé. De telles pratiques peuvent en effet entrainer en quelques semaines un état de malnutrition ou des désordres métaboliques sévères pouvant conduire à des complications infectieuses et aller jusqu’au décès de l’enfant», écrivent les auteurs de l’avis. Pour bébé, rien de mieux que le lait maternel ou les laits premier âge spécifiquement formulés pour remplacer le sein.

Mais pour maman également, il faut faire attention: durant la grossesse, une alimentation végétalienne ou vegan (sans lait, sans œuf,…) peut «conduire à des déficits» et «faire l’objet de précautions ou d’un suivi spécifique», note l’Anses. Des compléments alimentaires à base de vitamine B12 durant la grossesse et l’allaitement peuvent notamment être nécessaires pour compenser une alimentation non carnée.