Le Giec réalisera des projections climatiques à moyen terme et plus locales

avec AFP

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Le prochain rapport du Giec sur le changement climatique proposera des "projections à moyen terme et plus régionalisées", constituant une réponse aux attentes des décideurs politiques mais qui se révèle délicate sur le plan scientifique, a déclaré mercredi le climatologue Jean Jouzel.
Le prochain rapport du Giec sur le changement climatique proposera des "projections à moyen terme et plus régionalisées", constituant une réponse aux attentes des décideurs politiques mais qui se révèle délicate sur le plan scientifique, a déclaré mercredi le climatologue Jean Jouzel. — Martin Bureau AFP

Le prochain rapport du Giec sur le changement climatique proposera des «projections à moyen terme et plus régionalisées», constituant une réponse aux attentes des décideurs politiques mais qui se révèle délicate sur le plan scientifique, a déclaré mercredi le climatologue Jean Jouzel. «On est bien conscient au Giec de ce que demandent les décideurs politiques. Ce sont des projections à échéances relativement brèves, de quelques décennies, et très régionalisées», a dit M. Jouzel, membre du Groupe d'experts de l'ONU qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2007, lors d'une audition devant la Commission du développement durable de l'Assemblée nationale.

«Du point de vue scientifique, ça reste très difficile»

Le deuxième rapport du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), qui doit actualiser l'état des lieux du réchauffement du Globe, «répond à cela», a-t-il indiqué. «On a scindé le chapitre projections en projections à court terme, plus régionalisées, avec beaucoup d'atlas, et projections à long terme. En gros, au cours des deux ou trois prochaines décennies, et puis au-delà». Les décideurs politiques «n'ont pas une échelle de temps qui va au-delà du milieu du siècle», a expliqué Jean Jouzel à l'AFP. «Ils ont envie de prendre des décisions d'aménagement à juste 20 ans», une approche «regrettable» selon lui car l'adaptation ou la lutte contre le changement climatique impliquent des investissements à long terme. «Du point de vue scientifique, ça reste très difficile», a-t-il averti devant la Commission. Quand «on descend en échelle de temps et d'espace, nos projections sont moins précises et, à un moment, on arrivera à la limite», a-t-il souligné.

Jean Jouzel a rappelé que pour limiter la hausse du réchauffement du Globe à 2°C, seuil au-delà duquel le système climatique risque de s'emballer, il faut que les émissions de CO2 «commencent à décroitre d'ici à 2020» et qu'entre 2020 et 2050, «elles soient divisées par trois». «C'est un véritable défi sachant qu'elles augmentent actuellement à un rythme proche de 3% par an», et «nous sommes déjà dans une position telle que l'objectif 2020 risque fort de ne pas être atteint, avec un fossé de l'ordre de 15 à 20%», a-t-il dit. La première partie du rapport du Giec sera officiellement approuvée et publiée en septembre 2013 à Stockholm. Les deux autres parties (sur l'adaptation au changement climatique et sur les solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre) seront adoptées au printemps 2014. La synthèse globale est attendue pour octobre 2014.