L'agriculture et l'écologie, enfin alliées?

SALON DE L'AGRICULTURE Delphine Batho, la ministre de l'Ecologie, était ce vendredi matin au Salon de l'agriculture...

Audrey Chauvet

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Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, au Salon de l'agriculture, le 1er mars 2013.
Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, au Salon de l'agriculture, le 1er mars 2013. — A.Chauvet / 20 Minutes

Agriculture et écologie: deux mots qui ne vont pas toujours bien ensemble. Nicolas Sarkozy en avait donné la preuve en choisissant le Salon de l’agriculture en 2010 pour déclarer son célèbre «l’environnement, ça commence à bien faire». Mais le gouvernement veut repartir du bon pied: ce vendredi matin, Delphine Batho arpentait les allées entre vaches et cochons pour prêcher la réconciliation.

Une alliance entre écologie et agriculture

«Jamais il n’y a eu une telle alliance entre l’écologie et l’agriculture», a martelé Delphine Batho entre une tranche de jambon avec les producteurs de porc et une caresse à un taureau de concours. Le message est clair: fini l’opposition entre agriculture industrielle polluante et respect de l’environnement. Mais est-ce que les éleveurs sont prêts à l’entendre? «Oui, car nous sommes aujourd’hui dans l’impasse, assure Delphine Batho à 20 Minutes. Le modèle qui consiste à faire manger de la viande de cheval importée alors que notre agriculture et notre élevage a besoin de débouchés ne peut plus durer. Les éleveurs doivent pouvoir vivre de leur travail et faire reconnaître leurs droits en affichant la qualité de leurs produits.»

Dit comme ça, ça peut leur plaire. Mais dans les négociations techniques, il reste des désaccords historiques, notamment sur la pollution des eaux et les pesticides, reconnaît la ministre. «Mais nous n’avons jamais eu une telle entente entre ministères et je travaille avec Stéphane Le Foll pour emmener l’agriculture dans une nouvelle modernisation.» L’agroécologie, promue par le ministre de l’Agriculture, pourrait être une nouvelle «révolution verte», estime Delphine Batho.

«Ce qu’il faut arrêter, c’est l’intensif»

Du côté des éleveurs, on reste prudent. «Chez nous, on a des prairies naturelles, on fait tout pour éviter les médicaments pour les vaches mais à un moment donné, quand ma vache a 40°C de fièvre, il faut bien que je la soigne», explique, pragmatique, Gervais Glipa, éleveur de vaches Bazadaises en Gironde. S’il estime qu’il «n’exagère pas» sur les traitements médicaux qu’il administre à ses vaches et qu’il dit privilégier le fumier aux engrais chimiques, il ne veut pas passer en bio car le cahier des charges est «excessivement pointu», selon lui.

«Ce qu’il faut arrêter, c’est l’intensif», estime Gervais Glipa. Mais un confrère passé par là ne semble pas d’accord: «Il y a aussi des choses bien dans l’intensif, c’est pas avec le bio qu’on va nourrir le monde». «Oui, mais quand on sème le maïs, on empoisonne les abeilles, et on en a besoin des abeilles». Bon, alors comment on fait? «L’agriculture raisonnée, ça c’est bien». Enfin on tombe d’accord. Comme lorsque Delphine Batho et Stéphane Le Foll s’accordent sur l’agroécologie.