La consommation de viande de cheval reprend du poil de la bête

CRISE L'affaire des lasagnes au cheval a fait bondir la consommation de viande chevaline de 10 à 15% en France...

Avec Reuters

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Le restaurant Le Taxi jaune, à Paris, sert de la viande de cheval.
Le restaurant Le Taxi jaune, à Paris, sert de la viande de cheval. — Paul Cooper / Rex Featu/REX/SIPA

Quand il n’est pas caché dans des lasagnes au bœuf, le cheval a la cote. La consommation de viande de cheval a augmenté en France depuis le début du scandale des plats surgelés, notamment grâce à la couverture médiatique dont a bénéficié ce produit, a déclaré à Reuters le président du groupement des bouchers chevalins France. Les ventes ont grimpé jusqu'à 15% dans les boucheries chevalines, dont le nombre s'est effondré ces dernières années, ajoute Eric Vigoureux, président de la Fédération des bouchers-chevalins, Interbev Equins. «Il y a un regain d'activité (...) Du fait du scandale, dans les bureaux, dans les lieux de travail, tout le monde en parle et donc ceux qui en consomment déculpabilisent».

«On se rappelle dans trois mois et on en reparle»

Le scandale de la viande de cheval étiquetée comme de la viande de boeuf dans des plats surgelés a donc fourni une publicité surprise aux quelque 700 bouchers-chevalins encore en activité en France. «J'ai eu de nombreuses retombées d'autres bouchers sur le fait qu'il y a eu beaucoup de clients dans les boucheries chevalines cette semaine», ajoute-t-il, soulignant que le Nord concentre historiquement le plus grand nombre d'amateurs de viande de cheval. «C'est l'endroit où il y a le plus (de boucheries chevalines), ils ont toujours mangé du cheval, c'est parce qu'on s'en servait beaucoup pour chercher le charbon dans les mines», explique Eric Vigoureux.

A Paris, le Taxi jaune est l'un des rares restaurant de la capitale à servir encore des plats à base de cheval, comme des saucisses ou des abats. Son chef a également vu grandir l'appétit des consommateurs ces derniers jours. Mais il n'est pas dupe sur la pérennité du phénomène. «Il y a une curiosité des gens (...) par rapport à ce côté médiatique. Mais on se rappelle dans trois mois et on en reparle», propose-t-il.

Le goût des Français pour la viande de cheval remonte au 18e siècle, quand les révolutionnaires réquisitionnaient les chevaux de l'aristocratie pour manger à leur faim. Aujourd'hui, l'équidé ne représente plus que 0,3% de la consommation de viande en France, l'attrait pour ce produit ayant fortement chuté depuis le début des années 1980, passant de 85.000 tonnes par an à moins de 20.000 consommées en 2012, selon l'organisme public FranceAgrimer. Actuellement, 60% environ de la viande de cheval consommée en France est importée, selon les chiffres de FranceAgrimer.