Le Conseil d'Etat incité à gracier les éléphantes de Lyon

ANIMAUX Le sort des deux éléphantes atteintes de tuberculose sera décidé d'ici huit à quinze jours...

Audrey Chauvet

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Baby et Népal, les deux éléphantes du Parc de la Tête d'Or à Lyon.
Baby et Népal, les deux éléphantes du Parc de la Tête d'Or à Lyon. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Le rapporteur public qui a plaidé ce mercredi après-midi devant le Conseil d’Etat, appelé à statuer sur l’arrêté préfectoral autorisant l’euthanasie des éléphantes Baby et Népal, a préconisé ce mercredi de suspendre cette décision. Le rapporteur a estimé qu’il pesait un soupçon «d’illégalité» sur cet arrêté destiné à éliminer les deux éléphants atteints de tuberculose du Parc de la Tête d’or, à Lyon. Le rapporteur a également jugé que cette décision était «disproportionnée» et qu’elle avait été prise sans chercher d’autres «mesures moins radicales».

En décembre dernier le tribunal administratif de Lyon avait donné raison au préfet du Rhône, invoquant «l'intérêt général». Mais l’émotion suscitée par la décision d’euthanasier les animaux a poussé le gouvernement à accorder un sursis supplémentaire à Baby et Népal, le temps d’approfondir le diagnostic sur l’état sanitaire des animaux. Le cirque Pinder, ancien propriétaire des éléphants, a décidé de porter l’affaire devant le Conseil d’Etat car un vide juridique persiste sur les mesures à prendre en cas de tuberculose chez les éléphants: «Soit le Conseil d’État annule l’ordonnance du 20 décembre, qui valide l’arrêté du préfet demandant l’euthanasie de Baby et Népal, soit il ne l’annule pas. S’il l’annule, il peut suspendre ou non l’arrêté», résume l’avocat de Pinder, interrogé par Le Progrès.

La décision du Conseil d’Etat sera rendue d’ici huit à quinze jours. En attendant, les éléphantes sont toujours à l'isolement depuis août, date à laquelle leur congénère Java est morte des suites de la tuberculose. Si elles n’étaient pas euthanasiées, Baby et Népal pourraient être accueillies par Stéphanie de Monaco dans la principauté. Dans le cas contraire, Brigitte Bardot a menacé de demander la nationalité russe.