Viande de cheval: Les Nations unies incitent à manger beaucoup moins de viande

ALIMENTATION Un rapport publié ce lundi préconise une division par deux de la consommation de viande dans le monde...

Audrey Chauvet

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Illustration steaks hachés.
Illustration steaks hachés. — SIERAKOWSKI FREDERIC/ISOPIX/SIPA

Allons-nous devenir «demitariens»? Ce nouveau mot pourrait bien devenir à la mode après le scandale de la viande de cheval, qui a calmé les appétits carnivores des Français. Profitant de l’actualité, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) publie ce lundi un rapport appelant à diviser par deux la consommation de viande dans le monde afin d’éviter de graves dégâts pour l’environnement.

«C’est le bon moment pour parler de ça», admet Mark Sutton, auteur de l’étude. Pour lui, l’affaire de la viande de cheval a révélé «le côté obscur» de la viande et devrait favoriser une prise de conscience sur les méfaits de l’élevage intensif. Non seulement la traçabilité devient hasardeuse, mais en amont, les impacts sur l’environnement ont déjà des conséquences pour la santé humaine: le PNUE explique que l’utilisation d’engrais, de  pesticides et d’herbicides pour faire pousser les céréales destinées à l’alimentation animale «ont causé une pollution de l’air et de l’eau qui nuit à la santé humaine».

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«J’aime ça, mais je n’ai pas besoin d’autant»

Pour ne pas aggraver la situation, Mark Sutton préconise de «manger de la viande, mais moins souvent». Le rôti de veau deviendrait une «occasion particulière» et les portions devraient être plus petites: «La taille des portions est la clé, explique-t-il. Elles sont souvent plus grosses que ce que l’on veut vraiment manger. Nous pourrions changer de culture et penser "J’aime ça, mais je n’ai pas besoin d’autant".» Et si l’on trouve que l’assiette a l’air vide, on peut la remplir de légumes, assure le PNUE, à condition bien sûr qu’ils soient produits de manière peu polluante.

Ce rapport vise particulièrement les pays riches, les gros mangeurs de viande comme les Etats-Unis et l’Europe. Selon les Nations unies, les pays en développement doivent pouvoir augmenter leur consommation de protéines animales, en échange d’une réduction des quantités consommées dans les pays développés.