Farines animales pour les poissons: Delphine Batho pense «le plus grand mal» de la décision de l'UE

ALIMENTATION Elle prendra effet le 1er juin...

Avec Reuters
— 
La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, le 5 février 2013 à Paris.
La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, le 5 février 2013 à Paris. — V.Wartner / 20 Minutes

La ministre française de l'Ecologie, Delphine Batho, pense «le plus grand mal»  de l'annonce vendredi par Bruxelles de l'autorisation de l'utilisation de  farines de porcs et de volailles pour nourrir les poissons dès le 1er juin.

Le ministre de l'Agroalimentaire Guillaume Garot avait déjà critiqué à la fin  de la semaine le feu vert européen au retour de farines animales. Cette décision avait été prise en juillet, mais sa publication au Journal  officiel de l'Union européenne est intervenue alors que le scandale de la viande  de cheval vendue comme de la viande de boeuf s'étendait en Europe.

Extension pour les porcs et la volaille après 2014

La Commission européenne souhaite en outre autoriser ces farines pour les  porcs et les volailles, mais pas avant 2014. L'utilisation des farines animales pour les ruminants avait été interdite en  1997 en raison des risques liés à l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB),  puis étendue en 2001 aux aliments de tous les animaux de consommation, dont les  poissons.

«Je n'avais pas vu cette décision qui datait du mois de janvier et qui a été  rendue publique la semaine dernière par la Commission Européenne et j'en pense  le plus grand mal», a déclaré ce dimanche Delphine Batho sur la radio RCJ. Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, s'était prononcé contre le  retour des farines lors du processus de discussion interne à l'Union Européenne,  a-t-elle souligné.

«C'est vrai que ce ne sont pas exactement les mêmes farines animales que dans  le passé, là ce sont des farines animales faites avec des morceaux propres à la  consommation (...) mais ce n'est pas dans le logique de la chaîne alimentaire  que de donner de la viande à manger à des poissons», a-t-elle ajouté.

Batho réclame un label «sans farine animale»

Pour Delphine Batho, il s'agit de «la même logique d'absurdité financière»  que pour la viande de cheval. Elle propose en conséquence que la filière piscicole française s'organise «pour qu'il y ait un label "sans farine animale" qui puisse faire son apparition  sur les étalages pour dire aux consommateurs français: le poisson que vous  achetez n'a pas été nourri avec de la viande.»

Les instances européennes considèrent que l'interdiction totale des farines  animales en place depuis plus de dix ans était disproportionnée au regard des  risques encourus. Les industriels et les agriculteurs, qui ont fait du lobbying à Bruxelles  pour que les farines animales soient à nouveau autorisées, espèrent ainsi  accéder à des sources de protéines bon marché.