Les carcasses britanniques contenant un médicament dangereux localisées dans le Pas de Calais

ALIMENTATION Les six carcasses seront détruites...

C.C. avec Reuters

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Un abattoir de Roma (Roumanie), le 12 février 2013.
Un abattoir de Roma (Roumanie), le 12 février 2013. — Vadim Ghirda/AP/SIPA

Des traces d’un médicament vétérinaire impropre à la consommation humaine, le phenylbutazone, ont été retrouvées dans huit carcasses de chevaux abattus en Grande-Bretagne et six d’entre elles seraient entrées dans la chaîne alimentaire française, a annoncé ce jeudi le ministre de l’Environnement britannique, David Heath, cité par le Guardian. Une information confirmée par l'Agence de sécurité alimentaire britannique (FSA).

Dans une conférence de presse ce jeudi, le ministre de l'Agriculture français Stéphane Le Foll a affirmé que trois carcassess ont été «localisées» dans le Pas-de-Calais. Le ministre a précisé qu'elles n'avaient pas été utilisées dans l'industrie agro-alimentaire et qu'elles vont être détruites. «Il s'agirait de trois carcasses (...) Ces carcasses ont été repérées dans un établissement du Pas-de-Calais et elles ne sont pas entrées dans la chaîne alimentaire. Elles seront détruites», a déclaré Stéphane Le Foll, au cours d'une conférence de presse dédiée à l'enquête sur le scandale de la viande de cheval.

Le ministre a précisé de l'affaire de la viande importée du Royaume-Uni n'avait rien à voir avec ce scandale et que les doses de phenylbutazone contenues dans les carcasses ne présentaient pas de risque sanitaire majeur.

La FSA dit avoir testé 206 carcasses entre le 30 janvier et le 7 février, et que huit d'entre elles ont réagi positivement. Elle a précisé que les six exportées en France provenaient d'un abattoir situé à Taunton, dans l'ouest de l'Angleterre.

David Heath a précisé que les carcasses envoyées en France l'ont été ces dernières semaines et qu'un rappel a immédiatement été prononcé. Le cheval retrouvé dans les lasagnes Findus commercialisées en Grande-Bretagne ne contenait pas ce médicament. Les autorités sanitaires britanniques ont dit ce jeudi qu'elles collaboreraient avec les autorités françaises pour retracer le parcours des six carcasses.

Plusieurs avertissements sans suite

Une responsable de l'opposition britannique a accusé le gouvernement de «complaisance catastrophique», indiquant qu'elle avait soulevé le problème du phenylbutazone il y a trois semaines. En juillet dernier, un comité vétérinaire avait déjà averti le gouvernement à plusieurs reprises du risque que pouvait provoquer l'entrée de ce médicament dans la chaîne alimentaire.

Le gouvernement britannique a préféré se référer à une responsable médicale affirmant qu'il y avait «un risque très faible que cela cause des problèmes pour la santé». Le phenylbutazone est un anesthésiant anti-inflammatoire pour les chevaux de course interdit aux animaux destinés à la consommation humaine en raison de sa dangerosité potentielle.

Cette découverte intervient moins d'une semaine après le retrait par l'entreprise alimentaire Findus de milliers de lots de «lasagnes de boeuf» composés majoritairement de viande de cheval.