Fuite de gaz à Rouen: La neutralisation du site pourrait prendre «plusieurs jours», selon Delphine Batho

A.Ch. avec Reuters

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Devant l'usine Lubrizol, à Rouen, où une fuite de gaz a eu lieu le 22 janvier 2013.
Devant l'usine Lubrizol, à Rouen, où une fuite de gaz a eu lieu le 22 janvier 2013. — AFP PHOTO CHARLY TRIBALLEAU

Le nuage se dissipe mais pas les inquiétudes. Alors que les autorités assurent qu’il n’y a aucun danger pour la santé, le nuage de gaz nauséabond qui a submergé la région parisienne dans la nuit de lundi à mardi à la suite d'émanations provenant d'une usine de Rouen continue a indisposé de nombreuses personnes. Les odeurs ressenties de Rouen à Paris ont déclenché une vague d'appels d'habitants inquiets vers les services d'urgence.

Match annulé, pompiers londoniens alertés

Le nuage a même gagné le sud de l’Angleterre: dans le Kent, au sud de Londres, les pompiers ont invité dans un communiqué les habitants à laisser portes et fenêtres fermées en raison d'un nuage de gaz venu de France. Le 16e de finale de la Coupe de France de football qui devait opposer mardi soir Rouen à l'Olympique de Marseille a été reporté sur décision de la préfecture de Seine-Maritime, a annoncé la Fédération française de football.

Néanmoins, les autorités se veulent rassurantes: «Avant de contacter les services de secours pour une odeur de gaz ressentie, assurez-vous que cette odeur diffuse est ambiante et non localisée à votre appartement ou au local dans lequel vous vous trouvez», a demandé mardi dans un communiqué la préfecture de police de Paris. Si l'odeur devrait perdurer «une bonne partie de la journée», elle précise que le gaz en cause ne présente «aucune toxicité» et que «son inhalation ne présente aucun risque». «Le mercaptan est un composé soufré donnant des odeurs nauséabondes de sueur, d'ail, voire d'oeuf pourri», précise la préfecture de police. Le mercaptan est associé au gaz de ville afin de permettre de sentir une fuite qui serait autrement inodore.

Un incident similaire dans les années 1990

Les opérations de «neutralisation» de l’incident devraient être achevées dans la soirée, a indiqué Pierre-Jean Payrouse, le directeur des opérations internes de l'usine Lubrizol de Rouen, classée Seveso. «Nous allons valider avec les autorités locales les opérations de neutralisation (...) et dans la soirée le problème devrait être résolu», a déclaré Jean Payrouse sur RTL. Il a précisé que l'odeur nauséabonde venait d'un produit qui s'était décomposé en raison d'une «élévation anormale de température», pour des raisons qui n'ont pas encore été élucidées, et qui s'échappe de l'usine. «Normalement, dans la fabrication de ces produits, il n'y a pas du tout de génération de mercaptan. Le fait qu'il y ait génération, c'est un produit qui s'est décomposé», a-t-il dit.

Selon Jean Payrouse, le produit rejeté est «non toxique» aux concentrations actuelles. «La meilleure preuve, c'est qu'il est utilisé pour les boules puantes». Des personnes s'étant plaintes de maux de tête et de nausée, il a estimé que certaines étaient «plus sensibles que d'autres à ce genre d'odeur» mais que ça n'allait pas plus loin. Il a confirmé qu'un incident du même type s'était déjà produit dans la même usine dans les années 90, précisant que les systèmes de sécurité et de traitement avaient été renforcés.