Bien comprendre sa facture d'eau

CARREFOUR DE L'EAU Il est parfois compliqué de déchiffrer une facture d'eau souvent trop salée à notre goût. Quelques repères pour s'y retrouver...

R. Go.

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Une facture d'eau
Une facture d'eau — DR

Avec la feuille d’impôt, et le bulletin de salaire, la facture d’eau est certainement le document administratif le moins compréhensible qui nous soit donné de lire. Et pour cause, la lettre en question récapitule la consommation d’eau du foyer, la location du compteur, l’assainissement du volume d’eaux usées correspondant, ainsi que trois voire quatre redevances... Autant de postes de dépenses dont l’usager n’a pas nécessairement conscience au moment d’ouvrir le robinet ou, quelques mois plus tard, son courrier. Bref, une vraie usine à gaz.

En charge des questions Eau et Assainissement au sein de l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), Alain Chosson fait état de l’incompréhension des 13 millions de foyers qui reçoivent une facture d’eau. «La lecture est difficile pour ceux qui n’y sont pas habitués. C’est d’autant plus confus quand la collectivité a délégué la distribution de l’eau et/ou son assainissement à un prestataire privé. On se retrouve avec des lignes supplémentaires disant combien revient à chacun. Cela dit, on a quand même gagné en lisibilité.» Reçue en règle générales à échéance semestrielle, la note se présente peu ou prou de la même façon selon que l’abonné vive dans le Loir-et-Cher ou en Côte d’Azur. A l’instar de sa molécule, la facture d’H2O se décompose en plusieurs éléments : distribution, assainissement, et organismes publics.

Le traitement de l'eau coûte à l'utilisateur

Sous la première catégorie, l’utilisateur trouvera le volume d’eau qu’il a consommé, ou son estimation, mais aussi la location du compteur ainsi que, 8 fois sur 10,  une ligne correspondant à l’abonnement au service de l’eau. Attention, ça se complique, prévient Alain Chosson. «Car si le prix du mètre cube d’eau prend en compte les frais de traitement de l’eau ainsi que les éventuels investissements pour renouveler le réseau ou l’étendre, le distributeur peut aussi choisir de répercuter une partie de ces dépenses, à l’instar des salaires, via un abonnement annuel à l’accès à l’eau.» Il en est de même pour la tranche correspondant à l’assainissement.

Si l’abonné ne devait payer que ce qu’il consomme, sa facture se résumerait en effet au seul premier paragraphe. Mais qu’advient-il de l’eau après usage ? C’est en ça que l’onglet assainissement, est chargé d’apporter une réponse. «Parfois comparable voire supérieur au prix de l’eau» selon Alain Chosson, ce coût correspond  aux infrastructures pour collecter, transporter et éventuellement nettoyer les eaux usées.

Les redevances à l'agence de l'eau

Les dernières lignes du document sont dans le même esprit. Les sommes indiquées sous le terme «organismes publics» regroupent toutes les redevances à l’agence de l’eau, au titre de la préservation de la ressource, de la modernisation du réseau, ou bien encore de la lutte contre la pollution. L’association de consommateurs a bon espoir de voir un peu plus clair dans ces montants, qui représentent tout de même 10 à 15% de la facture finale. «Pour l’instant, ni nous ni le consommateur ne comprenons vraiment à quoi ils correspondent, reconnaît Alain Chosson. Mais l’Etat va fixer aux agences de l’eau des obligations de résultats concrets.» La facture d’eau est à cette image : malgré sa prétention à l'exhaustivité, elle gagnerait à être plus limpide.

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