La suie, un facteur important du réchauffement climatique

CLIMAT Ce «carbone noir» serait deux fois plus important dans le réchauffement du globe qu'on ne le pensait...

A.Ch.

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Cheminée d'usine dégageant des volutes de fumée.
Cheminée d'usine dégageant des volutes de fumée. — CLOSON/ISOPIX/SIPA

Combustion de charbon, de bois et d’hydrocarbures produisent du dioxyde de carbone mais aussi de la suie, appelée «carbone noir». Selon une étude publiée ce mardi dans la revue américaine Geophysical Research-Atmospheres, cette suie serait le deuxième facteur de réchauffement climatique après le CO2, soit deux fois plus que ce que le Giec estimait dans son rapport de 2007.

Changer les fours à bois et  chauffages domestiques

La suie ne restant en suspension dans l’atmosphère que pendant sept à dix jours, il serait facile d’avoir un résultat rapide sur le réchauffement en réduisant les quantités de carbone émises. Cela pourrait passer par un remplacement des vieux fours à bois ou chauffages domestiques, mais également par «l'atténuation des émissions des véhicules à moteur diesel», selon les auteurs de l’étude. Il sera néanmoins difficile de lutter contre les feux de forêt, qui pourraient être plus fréquents avec la multiplication des canicules et sécheresses dans le monde, elles même résultant du changement climatique.

En février 2012, les Etats-Unis ont posé les bases d'une coalition internationale pour lutter contre les polluants à courte durée de vie, notamment la suie et le méthane. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton avait alors cité un rapport des Nations unies selon lequel «l'élimination de ces sources de pollution d'ici à 2030 permettrait de réduire de 0,5°C la hausse prévue de 1°C du réchauffement de la planète d'ici à 2050». La France, elle, disposera pour la première fois d'un relevé spécifique, effectué par le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa) pour cette catégorie de polluants dans son inventaire national de 2013.