« La disparition des requins aurait de graves conséquences »

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Directeur général de l'Institut océanographique de Monaco.

Les requins ont mauvaise réputation : mangeurs d'hommes, créatures sanguinaires, ils sont pourtant un maillon primordial des écosystèmes marins. Pour dépasser ce malentendu, l'Institut océanographique de Monaco leur dédie l'année 2013 à travers une exposition à Monaco et une série de conférences à l'Institut océanographique de Paris. La première d'entre elles sera animée par Robert Calcagno, le directeur général de l'Institut, ce mercredi 9 janvier.

L'idée est née en 2010 lorsque nous avons réuni pour la première fois la Monaco Blue Initiative. Nous avions alors défini deux enjeux majeurs pour les océans : la protection des grands prédateurs marins et des grand fonds. Nous commençons donc notre programme sur les super prédateurs par le plus symbolique, le requin.

Le message de l'exposition sera très simple : les requins ne sont pas si menaçants que ça pour l'homme, mais ils sont eux-mêmes menacés, leur population ayant facilement diminué de moitié au cours des dernières décennies. Pourtant, ils sont utiles à l'équilibre des océans et leur disparition aurait des conséquences très graves, notamment par la prolifération de méduses et d'algues.

Nous allons nous impliquer dans la création d'une aire marine protégée dans l'archipel des Palaos, au large des Philippines. Là-bas, les responsables politiques ont compris qu'ils avaient plutôt intérêt à protéger les océans qu'à donner des autorisations de pêche sans compter, notamment car c'est un haut lieu de plongée pour les touristes. Nous allons travailler avec eux pour créer une aire marine protégée pilote. Quant à la pêche en Méditerranée, nous sommes favorables à des quotas pour les requins comme pour le thon rouge. ■