Les océans vus par les enfants

FILM Ce lundi matin, des enfants de neuf à douze ans ont assisté à la projection du dernier film de Yann Arthus-Bertrand sur les océans...

Audrey Chauvet

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Projection de Planète Océan, de Yann Arthus-Bertrand, le 17 décembre 2012 à la Géode, à Paris.
Projection de Planète Océan, de Yann Arthus-Bertrand, le 17 décembre 2012 à la Géode, à Paris. — A.Chauvet - 20 Minutes

«C’était bien mais un peu horrible»: la petite Lou, neuf ans, résume ainsi le film Planète Océan de Yann Arthus-Bertrand, projeté pour 400 élèves de CM1-CM2 et de collège ce lundi matin à la Géode. Après le film, qui traite des pollutions marines et des menaces  sur les populations de poissons liées à la surpêche, Cédric Javanaud, chargé de mission Océans pour la fondation GoodPlanet, a répondu aux nombreuses questions des enfants.

>> Les océans vus par Yann Arthus-Bertrand en images, par ici

«Ce qui m’a choqué, c’est le plastique dans l’estomac des oiseaux morts», dit un petit garçon. Le gros plan sur l’animal éviscéré, rempli de bouchons en plastique, avait de quoi marquer les enfants. Cédric Javanaud leur explique que c’est à cause des gens qui jettent leurs déchets n’importe où, et que les oiseaux confondent leur nourriture avec ces débris de plastique. Pour Lou, le film contenait des «images choquantes» de pollution mais «j’ai pas très bien compris» pourquoi les océans étaient aussi pollués, avoue-t-elle.

Le poisson, les enfants le préfèrent dans la mer que dans l’assiette

Les plus grands posent des questions plus précises: «Pourquoi il y avait du feu qui sort des usines?» demande l’un d’eux, faisant allusion aux images de plateformes pétrolières. Cédric Javanaud en profite pour demander aux enfants s’il y aura tout le temps du pétrole: il obtient un grand «non». «Il y a des limites», précise même un collégien. On passe ensuite au problème de la pêche: «Combien de poissons on récolte par an?», demande un petit parisien. «On pêche environ 90 millions de tonnes de poissons chaque année, chiffre Cédric Javanaud. Et pourquoi c’est un problème de trop pêcher?» «Après il n’y aura plus de poissons», répondent en chœur les enfants. «Et que faire pour arrêter ça?» «Arrêter de pêcher», pensent les collégiens. «Oui mais tout le monde mange du poisson, par exemple vous, vous aimez le poisson?». Un grand «non» dégoûté parcourt alors l’assistance…

Malgré leur manque d’appétit pour le poisson, les enfants ont bien compris que quelque chose clochait dans les océans. «C’est important de leur parler de ça, pense la maman de Lucas, dix ans, venue accompagner la classe de son fils. C’est quand on est enfant qu’on peut apprendre toutes ces choses.» Même si elle reconnaît «ne pas être très bio ni écolo», elle en parle un peu à la maison avec son fils. Reste à savoir ce qui restera du film dans l’esprit des enfants: les requins qui «étaient trop bien» ou «les œufs de poule» du corail? Après quelques questions sur les algues et sur «comment les gens font pour ne pas se faire manger par les poissons», ils ont tous été prompts à remettre leur manteau et filer à la cantine. Ou les attendait peut-être un poisson pané.