A Angers, des étudiants planchent sur une alternative aux piles

TECHNOLOGIE Les élèves ingénieurs de l'ESEO ont mis au point un «bulleur» qui pourrait à terme remplacer les traditionnelles piles...

Audrey Chauvet

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Utiliser des piles rechargeables plutôt que jetables est à la portée de tous.
Utiliser des piles rechargeables plutôt que jetables est à la portée de tous. — ISOPIX / SIPA

Ces étudiants-là ont de l’énergie à revendre. A l’ESEO, école d’ingénieurs d’Angers, les ingénieurs en herbe travaillent sur des projets verts: énergie photovoltaïque, qualité énergétique des bâtiments ou panneaux solaires n’ont plus de secrets pour eux. Dernièrement, ils ont mis au point un récupérateur d’énergie qui transforme l’énergie thermique en énergie électrique et pourrait remplacer, à terme, le milliard de piles consommées en France chaque année.

Faire des bulles ou refroidir la bière

Ce récupérateur d’énergie est surnommé le «bulleur» car, pour le moment, il ne sert qu’à… faire des bulles. «Nous disposons d'un bac d'eau chaude et d'un bac d'eau froide savonneuse, explique Matthieu Destouet, étudiant en dernière année en option Energie-Environnement.  Un module Peltier est fixé entre ces deux bacs. La différence de température entre les deux faces du module crée un courant électrique qui fait tourner le moteur d'une petite hélice. L'hélice génère alors un flux d'air dirigé sur un cerceau trempé d'eau savonneuse, ce qui va créer une bulle». On peut aussi envisager de créer grâce à ce système de petits systèmes de réfrigération, par exemple pour refroidir une bouteille ou une canette de bière.

Faire des bulles ou boire une bière: les étudiants ont tout de même envisagé des applications plus «sérieuses» à leur machine. «On pourrait également utiliser la thermoélectricité pour produire de l'électricité à partir de sources de chaleur perdue: pots d’échappement des automobiles, cheminées d’incinérateurs, circuits de refroidissement des centrales nucléaires...», poursuit Matthieu Destouet. «Cependant, les systèmes de conversion utilisant l’effet thermoélectrique ont des rendements faibles, ce qui limite pour l’instant les thermopiles à quelques applications dans lesquelles la fiabilité et la durabilité sont plus importantes que les coûts et le rendement». Les piles ont encore quelques belles années devant elles.