Le débat sur l'énergie est prêt à démarrer mais reste flou

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Le coup d'envoi du débat national sur la transition énergétique est désormais fixé au 29 novembre, mais l'organisation de cet exercice au long cours pour réduire la part des énergies fossiles et du nucléaire suscite encore des interrogations.
Le coup d'envoi du débat national sur la transition énergétique est désormais fixé au 29 novembre, mais l'organisation de cet exercice au long cours pour réduire la part des énergies fossiles et du nucléaire suscite encore des interrogations. — Martin Bureau afp.com

Le coup d'envoi du débat national sur la transition énergétique est désormais fixé au 29 novembre, mais l'organisation de cet exercice au long cours pour réduire la part des énergies fossiles et du nucléaire suscite encore des interrogations.

Le "conseil national (du débat) qui rassemble l'ensemble des parties prenantes qui avaient participé à la conférence environnementale" (Etat, collectivités, salariés, employeurs, associations et parlementaires) se réunira "le 29 novembre à 15H00", a indiqué à l'AFP la ministre de l'Ecologie et de l'Energie Delphine Batho, en marge du Congrès des maires de France.

Ce démarrage formel était initialement prévu le 20 novembre, mais avait été repoussé à la demande d'associations d'élus car cette date coïncidait avec l'ouverture du Congrès des maires.

Le débat national durera plusieurs mois. Il doit élaborer des recommandations pour réduire le poids des énergies fossiles et du nucléaire dans le système énergétique français, qui déboucheront sur une loi de programmation attendue avant l'été 2013.

"Avoir une date, c'est un bon départ, mais pas suffisant pour nous rassurer", a réagi le porte-parole de France Nature Environnement (FNE), Benoît Hartmann, regrettant notamment le manque d'informations sur l'organisation des débats.

Comme FNE, la Fondation Nicolas Hulot (FNH) attend un document portant sur "l'architecture du débat", promis la semaine dernière, a également rappelé le conseiller spécial de la Fondation, Matthieu Orphelin.

Les ONG guettent particulièrement la composition finale du comité de pilotage du débat après la démission en début de semaine de l'un de ses membres désignés, Pascal Colombani, ancien dirigeant du Commissariat à l'énergie atomique (CEA).

Consultations citoyennes

Après l'annonce de la composition de ce comité, le 10 novembre, Greenpeace et Les Amis de la Terre avaient annoncé qu'elles boycottaient le débat en raison de la présence de deux farouches défenseurs du nucléaire, l'ex-patronne d'Areva Anne Lauvergeon et M. Colombani.

Pour remplacer M. Colombani, "on a fait un certain nombre de propositions pour intégrer quelqu'un qui vienne plutôt du monde des économies d'énergie ou des énergies renouvelables", a indiqué à l'AFP Bruno Rebelle, autre membre de ce comité, avec le climatologue Jean Jouzel et la directrice de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) Laurence Tubiana.

Le comité de pilotage, qui sera présidé par la ministre de l'Ecologie, pourrait aussi être élargi à un expert des consultations citoyennes.

"On peut comprendre que des acteurs soient impatients, surtout que le sujet est compliqué et qu'il serait bon d'avoir du temps, ce n'est pas un démarrage idéal", a reconnu M. Rebelle.

Pour autant, l'ex-directeur de Greenpeace France reste "optimiste" sur le contenu des discussions, en citant les "grandes options qui vont être mises au débat, le périmètre du débat, le fait que les régions se sont mises en mouvement, ce sont de bonnes nouvelles".

A une semaine du lancement d'un débat qui doit notamment mettre en musique la promesse électorale de François Hollande d'abaisser de 75% à 50% d'ici 2025 la part du nucléaire dans la production électrique, Mme Batho a mis en garde contre des discussions qui se limiteraient à la question de l'atome.

"Je souhaite que ce ne soit pas le seul sujet de débat, il doit commencer par la consommation d'énergie et pas par la production" d'électricité, a-t-elle dit.