La ressourcerie du Blanc-Mesnil pense à demain

SENSIBILISATION La première ressourcerie de Seine-Saint-Denis a ouvert le 1er septembre 2011 au Blanc-Mesnil. La structure, qui connaît un beau succès, sensibilise ses usagers au réemploi et au recyclage...

R.G.

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La ressourcerie 2Mains a aussi une vocation sociale. Sur ses 21 salariés, 17 sont en insertion professionnelle.
La ressourcerie 2Mains a aussi une vocation sociale. Sur ses 21 salariés, 17 sont en insertion professionnelle. — R. GOULOUMES / 20 MINUTES

«Dites-vous que tout ce que vous voyez ici était destiné à la poubelle.» D’un grand mouvement de bras, Joseph, encadrant technique, englobe tout le hangar de la ressourcerie 2mains, au Blanc-Mesnil. Meubles, babioles, vêtements… au total 226 tonnes de déchets en tout genre sont venues y trouver une seconde vie depuis son ouverture en septembre 2011. Il ont été récupérés dans les déchèteries des trois communes partenaires, Aulnay-sous-bois, Blanc-Mesnil et Sevran, mais aussi auprès des habitants qui ont la possibilité de les déposer sur place ou de les faire enlever chez eux sur rendez-vous.

A l’instar du réseau Emmaus, les ressourceries collectent les déchets, les valorisent avant de les revendre. Un plus vient toutefois les différencier de l’institution de l’Abbé Pierre: la sensibilisation, aux pratiques de réemploi notamment. «On va essayer de développer ce point en organisant des visites pour des classes, ainsi que des ateliers», explique Charlotte Duquesne, elle aussi encadrante technique à la ressourcerie 2mains. Le personnel de la structure a déjà fort à faire pour informer ses usagers sur rendez-vous, qui représentent 59% des apports: «Quand les gens nous appellent, on fait d’abord la liste exacte de ce qu’ils veulent donner. On ne peut pas tout reprendre: une télé trop vieille ne se vendra pas très bien, le carrelage usagé ou les lavabos, c’est à la déchèterie qu’il faut les amener.»

Donner au lieu de jeter

Trop usé, dégradé, quand l’article ne correspond pas à la description faite au téléphone, les valoristes prennent le temps de rappeler pour expliquer. Charlotte Duquesne croit dans l’efficacité de la démarche: «Petit à petit, en voyant ce qui est vendu, les gens prennent aussi conscience de ce qu’ils peuvent amener ou pas.» Au Blanc-Mesnils et dans les environs, le recyclage est d’ailleurs entré dans les mœurs à une vitesse surprenante. Une fois sur trois, ajoute-t-elle, «les usagers nous expliquent que ça leur fait mal au cœur de jeter, et qu’ils préfèrent que leurs objets profitent à quelqu’un d’autre».

Victime de son succès, l’association commence à se sentir à l’étroit dans ses locaux. L’ouverture d’une boutique en centre-ville fin novembre devrait permettre au personnel du site de se recentrer sur ses missions de valorisation et d’information, estime Joseph, occupé à hisser des ordinateurs sur une palette. «Pour l’instant, on ne trouve pas le temps d’expliquer au client que chaque achat, c’est un objet de moins qui part à l’incinérateur. »