Eco-gestes au travail, il y a du boulot

ENTREPRISE Seul ou avec le soutien de sa direction, réduire les déchets au bureau est plus simple qu'il n'y paraît...

R.G.

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Imprimer en recto-verso permet déjà d'économiser beaucoup de papier.
Imprimer en recto-verso permet déjà d'économiser beaucoup de papier. — SUPERSTOCK / SUPERSTOCK / SIPA

Chez BVA, tout le monde boit dans son mug. Le logo de l’institut d’étude devant, le nom du propriétaire côté anse, la tasse en plastique recyclé donne aux petits déjeuners d’entreprise des allures cocasses de centre de loisirs. Avec la mise en place du recyclage du papier et la limitation des impressions, la distribution de mugs en remplacement des traditionnels gobelets translucides est l’un des trois éco-gestes mis en œuvre par la direction cette année. Ce sont les salariés mais aussi les clients du groupe qui ont donné l’impulsion. «On était plutôt mauvais élève jusque-là, confie Dominique Nourry, responsable qualité de BVA. L’une de nos unités mène des études sur le développement durable et nos clients leur demandaient souvent ce qui était fait à ce sujet en interne. Du coup, les salariés se tournaient vers nous pour avoir des réponses. On a décidé de réagir.» Huit groupes de travail, exclusivement composés d’employés, réfléchissent désormais aux actions à mener pour rendre leur entreprise plus écoresponsable.

«15 000 gobelets tous les ans»

Dans les locaux parisiens d’Akatoa, les salariés trient leurs déchets lors de leur passage en cuisine. L’agence conseil en marketing suit depuis 2007 un plan de réduction des déchets progressif. Comme la majorité de ses collaborateurs, le directeur financier Guy Favreau, avoue son scepticisme au début de l’opération: «On pensait qu’on produisait peu de déchets. Finalement, il y a eu du boulot. C’est plein de petits gestes simples, comme le recyclage des toners ou l’impression en recto verso, qui ne demandent pas beaucoup d’efforts. Du coup, chacun y met du sien.»

Si individuellement, le salarié a peu de prise sur les principaux postes de production de déchets dans l’entreprise, cela ne doit pas l’empêcher d’agir. Au contraire, Cyril Hergott, de l’association Riposte Verte, incite les employés à alerter leurs supérieurs sur les gaspillages qui sont selon eux superflus ou évitables. Rien n’interdit non plus au salarié de programmer son imprimante personnelle par défaut sur recto-verso, de réutiliser le papier usagé comme brouillon, ou de préférer l’eau du robinet à celle, en bouteille ou en bonbonne, fournie par l’entreprise. Cyril Hergott reprend l’exemple du mug, chiffres à l’appui: «Si la direction ne le fournit pas, amenez le vôtre. Dans une entreprise de 100 personnes il n’est pas rare de jeter 15000 gobelets tous les ans.»

«Assez de passer pour les écolos de service»

Reste que, sans mobilisation de leur hiérarchie, les motivations personnelles ont tendance à rapidement s’essouffler. «Il faut vraiment qu’il y ait une démarche collective pour inciter des initiatives individuelles, tient à souligner Cyril Hergott. Sans ça, les salariés sensibles à l’environnement vont en avoir assez de passer pour les écolos de service. Les principaux écogestes doivent venir de la direction.» Riposte Verte en a listé pas moins de 250. Imprimer des deux côtés de la feuille, c’est déjà 10 à 15% de papier épargné. Appliqué aux sacs poubelles, aux fontaines à eau et aux autres consommables, ce sens de l’écologique peut très vite prendre des proportions économiques. Or, en entreprise comme ailleurs, le portefeuille reste le meilleur argument qui soit.