La Villette, entre culture et nature

ENVIRONNEMENT Le parc parisien veut protéger la biodiversité...

Audrey Chauvet

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Séance de cinéma en plein air dans le parc de la Villette, à Paris.
Séance de cinéma en plein air dans le parc de la Villette, à Paris. — ALBANE LAURE/AFP

Que l’on vienne à la Villette pour un pique-nique estival, un film en plein-air, une expo ou un concert, la nature ne sera jamais bien loin. Aux portes de Paris, ce grand parc de 55 hectares mélange les genres et les visiteurs sans oublier la biodiversité qui peuple les pelouses.

«Le parc met en lien l’urbain et la nature, commente Jacques Martial, président de l’établissement public du parc et de la grande halle de la Villette. C’est un espace où la nature est réinventée, reconstruite.» A la différence des autres parcs parisiens, la Villette est ouverte sur la ville et constitue un trait d’union entre Paris intra-muros et la Seine-Saint-Denis. Mais cela soumet le parc à «une potentielle pression urbanistique», estime Florence Berthout, sa directrice générale.

Un hôtel à insectes

Il n’est en effet pas toujours facile de préserver la nature en ville sans la mettre sous cloche: le public se balade dans les allées, s’assoit sur les pelouses, pique-nique… Et il n’est pas question de l’interdire. La Villette a donc dû se mettre sérieusement au travail. Afin d’éviter de se retrouver avec des parterres de paquets de chips, le parc de la Villette a installé 121 poubelles de tri, afin de faciliter le recyclage. Des espaces de stationnement pour vélos ont été ajoutés et un pont flottant permet de franchir à pied le canal de l’Ourcq durant l’été.

Et il n’y a pas que les humains qui sont bien accueillis: les oiseaux et les insectes n’ont pas été oubliés. L’utilisation de produits bio pour l’entretien des espaces verts est favorisé, avec l’objectif d’atteindre zéro phytosanitaires. Le mélange de prairies fleuries, de haies diverses et de talus permet de conserver une biodiversité végétale et animale, qui ont été inventoriées sur plusieurs années. 37 nichoirs à oiseaux et 5 à chauve-souris ont été installés dans le parc afin de favoriser leur installation. Et cerise sur le gâteau, cinq hôtels à insectes sont implantés dans le parc pour «les retenir et leur offrir un gîte leur permettant de se reproduire». Toutes ces actions pourraient même valoir au parc de devenir une «Oasis nature», un programme de l’association Humanité et biodiversité qui vise à créer des espaces favorables à la biodiversité. Et cette oasis de nature en plein 19e arrondissement ne sera pas un mirage.