L'action citoyenne ou comment mieux consommer

CONFÉRENCE ristan Lecomte, fondateur d'Alter-eco, et Yann-Arthus Bertrand, réalisateur et photo-reporter ont tenté de donner des pistes pour définir l'«Action citoyenne»...

A.Ga.
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Tristan Lecomte est le fondateur d'Alter-eco.
Tristan Lecomte est le fondateur d'Alter-eco. — SICHOV / SIPA

Bravant le vent et la pluie, le public était nombreux ce samedi à Calvi, pour venir écouter cette conférence nébuleusement intitulée «L’éloge de l’action citoyenne». Pour animer le débat: Yann-Arthus Bertrand, autoproclamé activiste, et Tristan Lecomte, fondateur d’Alter-eco. L’action citoyenne? On n’y viendra pas tout de suite, ou du moins au détour des actions des deux amis.

S’adressant à Yann-Arthus Bertrand, le médiateur met dès les premières minutes les pieds dans le plat : «Tu utilises, et quelque part c’est ce que l’on peut te reprocher, des outils de la communication et de l’économie moderne. Doit-on se servir de ces produits du capitalisme pour sensibiliser à des causes qui dépassent l’économie?». La question s'adresse aussi à Tristan Lecomte, qui avec Alter-eco, a utilisé les canaux de la grande distribution pour vendre des produits «équitables».

Mécanismes de compensation

Yann-Arthus Bertrand a donc choisi de pratiquer la communication grand public pour sensibiliser aux dangers de la surconsommation. L’écolo-photo-reporter ne s'en cache pas. Et part d’un constat que monsieur tout le monde pourra dresser («Pour être un bon citoyen et que l’économie se porte bien, il faut consommer. Mais ce n’est pas du tout bon pour l’écologie»), pour affirmer que la responsabilité du désastre écologique à venir est partagée.

C’est pourquoi après avoir quitté Alter-eco, Tristan Lecomte a créé le collectif d’entrepreneurs Pur projet: «On essaye d’apporter ce changement, cette innovation environnementale dans des grosses boites, pour qu’elles changent aussi. Si l'on n’agit que sur notre petit périmètre, ça ne va jamais régler la question.» Ces entreprises intègrent des mécanismes de compensation. Pour équilibrer les émissions issues de l'achat de graines de cacao au Pérou, Ben n' Jerry's plante par exemple des arbres avec leurs producteurs. «Ce qui permet aussi de renforcer les liens qu’ils entretiennent avec ces producteurs». Le site internet de Pur projet revendique aujourd'hui plus de 2,5 millions d'arbres plantés et près de 320000 hectares préservés.

L'argument économique

Le changement, affirme Yann-Arthus Bertrand, ne viendra pas de l’écologie politique, à laquelle il «ne croit plus». C’est aux entreprises d’agir, affirment-ils. A leur échelle. Quitte à être accusées de chercher à utiliser l’écologie comme un vernis. L’action citoyenne commence donc par une révision de nos modes de consommation: acheter des produits labellisés responsables et bios par exemple…

Problème, les foyers les plus modestes n’ont pas forcément les moyens d’acheter bio. Nous interrogeons le photographe et l'entrepreneur sur cet argument économique, devenu pesant pour les ménages. «Il y a une question d’arbitrage, répond Tristan Lecomte. On dépense tellement en téléphonie mobile, par exemple. C’est peut-être utile, mais si vous baissez de 5% vos consommations de téléphonie mobile, vous pourrez acheter bio…à vie ! »

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