Carina Orru: « Les "y'à qu'à… faut qu'on", ça ne va qu'un temps»

INTERVIEW Carina Orru est directrice du Festival du vent. Plus qu'un lieu exclusivement dédié à l'écologie, c'est pour elle avant tout une plateforme d'échanges, au croisement de plusieurs disciplines...

Propos recueillis par Antoine Galindo

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Carina Orru, créatrice du Festival du vent.
Carina Orru, créatrice du Festival du vent. — DR

Depuis 20 ans, êtes vous restés fidèles à votre idée de départ?

L’idée était de créer un rendez-vous annuel de personnes issues de domaines variés, mais cloisonnés. C’est un lieu de débat, une plateforme d’expression pour ceux qui ont des choses à dire et veulent faire avancer les choses. Ces valeurs sont toujours présentes, mais le monde a évolué en 20 ans. Il y a plus d’initiatives, plus d’actions et les gens sont mieux sensibilisés aux problématiques environnementales. Le contenu du festival évolue donc en parallèle de cela.

Le Festival du vent n’est pas exclusivement écologique, il touche à de nombreux domaines. Quelle cohérence donnez-vous au contenu de ces six jours de festivités?

L’environnement n’est pas une chose à part et pour nous, il n’y a pas d’écologie sans parler de la vie, du droit humain, des rapports nord-sud, d’économie, d’emploi. C’est un tout et c’est notre fil rouge. Tous ces domaines seront abordés au fil des conférences, des projections, des concerts, des tables rondes. Tous les intervenants qui passeront par Calvi seront, je l’espère, porteurs de cette idée.

Comment choisissez-vous les intervenants?

Il n’y a pas de règle, c’est le fruit de sorties, de rencontres, de découvertes. Bien sûr il y a des thématiques qui nous tiennent à cœur. Mais nous sommes ouverts, nous ne sommes pas des ayatollahs de l’écologie, toute idée nouvelle est bonne à prendre. Ensuite, chacun vient pour présenter son action. Les «Y’a qu’à… faut qu’on», ça va un temps, mais chacun doit faire sa part, à son échelle et tous les intervenants du festival du vent sont engagés. Peu importe de quel bord ils sont, il n’y a pas de politique ici, juste des débats. Les intervenants savent où ils viennent lorsqu’ils arrivent à Calvi.

C’est à dire?

Avant d’arriver, ils savent déjà que c’est sur le principe du troc: ils viennent gracieusement et repartent enrichis intellectuellement. S’ils acceptent de venir, c’est donc qu’ils savent que c’est un lieu d’échanges et qu’ils pourront repartir en ayant changé d’idées, ou en ayant fait changer un autre de point de vue. Le tout dans un esprit que nous voulons festif. C'est comme ça que les messages passent le mieux.

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