Prison avec sursis requise contre un militant écologiste pour des intrusions à Roissy

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"Cassé" par la prison selon son avocat, le militant écologiste Pierre-Emmanuel Neurohr jugé en appel vendredi pour avoir encore tenté de bloquer des avions à Roissy, semble vouloir changer de mode d'action et désormais prendre la plume.
"Cassé" par la prison selon son avocat, le militant écologiste Pierre-Emmanuel Neurohr jugé en appel vendredi pour avoir encore tenté de bloquer des avions à Roissy, semble vouloir changer de mode d'action et désormais prendre la plume. — Martin Leers afp.com

Une peine de prison avec sursis et des jours amende ont été requis vendredi devant la cour d'appel de Paris contre Pierre-Emmanuel Neurohr, un militant écologiste jugé en appel pour avoir tenté à quatre reprises d'empêcher des avions de décoller à Roissy pour dénoncer la «destruction du climat».

Il avait été notamment condamné à deux reprises à trois mois de prison avec sursis en première instance, par le tribunal correctionnel de Bobigny. L'avocate générale a requis une peine de jours amende qui soit supérieure à une première peine de 90 jours amende à 12 euros dont il avait déjà écopé pour l'une de ses premières intrusions. S'il était effectivement ainsi condamné, il devrait payer la somme qui lui serait réclamée sous peine d'avoir à purger une peine de prison.

Décision le 30 novembre

Le prévenu comparaissait détenu, car il a été placé sous mandat de dépôt après sa mise en examen pour sa cinquième tentative de bloquer un avion en trois mois, le 5 septembre. Le crâne rasé et chemise turquoise, Pierre-Emmanuel Neurohr, 44 ans, a répété qu'un seul vol transatlantique représente pour un passager l'émissions de la tonne et demie de C02 annuelle qu'il conviendrait de ne pas dépasser selon les études scientifiques qu'il invoque.

«Je souhaite tranquillement écrire un livre sur ces questions», a-t-il déclaré. Ce qui a amené l'avocate générale à souligner qu'il semble vouloir revenir à un combat «avec des armes licites», «qui j'espère ne l'amènera plus devant un tribunal».

Selon son avocat, Alexandre Faro, il a commencé il y a huit jours une grève de la faim à la maison d'arrêt de la Santé où il est détenu. Il est «cassé» par la détention, a-t-il ajouté, expliquant par ailleurs que son client a renoncé à tenter de perturber la circulation des avions. La cour a mis sa décision en délibéré au 30 novembre.