Les quartiers les plus pollués ne sont pas toujours les plus pauvres

ENVIRONNEMENT Mais les riches ont plus de possibilité de s'échapper des zones polluées...

Audrey Chauvet

— 

Paris dans un nuage de pollution, le 26 mars 2012.
Paris dans un nuage de pollution, le 26 mars 2012. — DUCLOS/SIPA

Pour respirer de l’air pur, pas besoin d’être plein aux as. Selon une étude de l'Institut de recherche en santé, environnement et travail (Irset), citée par Le Monde, les quartiers les plus pollués ne sont pas toujours les plus pauvres. Le programme Equit’Area, qui «vise à explorer la contribution de certaines pollutions et nuisances environnementales aux importantes inégalités sociales de santé qui existent en France» démontre en effet qu’on ne peut pas établir de lien systématique entre niveau de vie, santé et pollution.

Les riches s’échappent de la pollution

«La distribution spatiale des nuisances environnementales et de la défaveur socio-économique est un fruit de l'histoire urbaine et sociale propre à chaque contexte. Toute extrapolation générale est hasardeuse», note ainsi le professeur Denis Zmirou-Navier, coordonnateur du projet. Ainsi, à Paris, les plus fortes concentrations de dioxyde d’azote se situent dans les quartiers riches, au nord-ouest de la capitale et en plein centre. Le croisement de données socio-économiques et des niveaux d’exposition au dioxyde d’azote dans les agglomérations de Lille, Lyon, du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine montre bien qu’il n’existe pas de corrélation directe entre les deux.

Malgré cela, les habitants des beaux quartiers ne sont pas en mauvaise santé, si l’on en juge par les statistiques de mortalilté. «La différence avec les quartiers défavorisés exposés à la pollution est que les habitants plus aisés sur le plan socio-économique peuvent s'adapter et se soustraire plus facilement aux effets nocifs en quittant la ville le week-end ou en pratiquant des activités physiques», précise Denis Zmirou-Navier.

Le projet Equit’Area va également se pencher sur les nuisances sonores et la proximité d’industries polluantes pour en mesurer l’impact sur la santé des habitants de Lille, Lyon, Marseille et d’Ile-de-France.