Ultimes tractations à la conférence sur la biodiversité de Hyderabad

© 2012 AFP

— 

A la veille de la clôture de la conférence de l'ONU sur la biodiversité, un accord prenait forme jeudi notamment sur les océans, même si la question centrale des financements en faveur de la nature, nerf de la guerre, était toujours âprement discutée à Hyderabad.
A la veille de la clôture de la conférence de l'ONU sur la biodiversité, un accord prenait forme jeudi notamment sur les océans, même si la question centrale des financements en faveur de la nature, nerf de la guerre, était toujours âprement discutée à Hyderabad. — Pib afp.com

A la veille de la clôture de la conférence de l'ONU sur la biodiversité, un accord prenait forme jeudi notamment sur les océans, même si la question centrale des financements en faveur de la nature, nerf de la guerre, était toujours âprement discutée à Hyderabad. Badge doré en forme de tigre au revers de la veste, les quelque 80 ministres présents s'activaient pour finaliser l'accord devant être formellement adopté vendredi, au terme de deux semaines de discussions dans le sud de l'Inde.

Un accord a minima

Sur la question des financements pour préserver la biodiversité, sujet phare de la réunion, les discussions restaient «serrées» mais un accord se dessinait pour augmenter les moyens destinés aux pays en développement, ont indiqué plusieurs participants. «On joue à se faire peur, mais on se dirige tout de même vers un accord a minima» sur les finances, a indiqué à l'AFP Sandrine Bélier, députée européenne Verts, l'une des trois représentants du Parlement européen. Les financements publics et de mécénat en faveur de la biodiversité sont actuellement estimés à près de 10 milliards de dollars par an. «Il y a un petit jeu entre pays développés et pays en développement, car les deux camps ont des engagements à tenir», a rappelé Romain Pirard, économiste à l'Iddri (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales).

Les discussions en groupes de travail portent notamment sur la possibilité de doubler d'ici 2015 les financements publics et privés pour la préservation de la biodiversité dans les pays en développement, par rapport à la moyenne annuelle sur la période 2006-2010. Mais aussi sur les garanties que pourraient apporter les pays en développement sur la bonne utilisation de ces fonds. «Doubler les investissements, c'est raisonnable», a estimé Lasse Gustavsson, directeur des programmes de conservation au WWF-International, qui ne s'attend pas à des engagements beaucoup plus ambitieux au regard «des circonstances économiques difficiles en Europe». «Si vous raisonnez en termes de coûts, c'est beaucoup d'argent, mais si vous vous dites que vous êtes en train d'investir dans un système dont nous dépendons tous pour notre alimentation, notre eau et notre énergie, c'est un investissement sain», a-t-il argumenté.

Des zones à protéger dans le Pacifique ouest, les Caraïbes et la Méditerranée

Sur la protection des milieux marins, et notamment en haute mer où ne s'appliquent pas les législations nationales, un consensus a été trouvé pour permettre l'adoption de rapports scientifiques identifiant des zones sensibles à protéger dans le Pacifique ouest, les Caraïbes et la Méditerranée. Ces zones, qui préfigurent des garde-fous pour les espèces marines face au développement de la pêche et de la prospection pétrolière en haute mer, sont «très importantes» pour la protection des océans, a souligné Patricio Bernal, coordinateur de l'Initiative internationale sur la biodiversité océanique (GOBI) de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

«Les décisions prises à Hyderabad peuvent avoir un impact significatif sur les négociations qui auront lieu à New York», aux Nations unies, pour mettre en oeuvre concrètement à l'avenir des aires protégées en haute mer, a ajouté cet expert. «Comme toujours, ce ne sera pas un accord parfait mais on aura un accord très important à Hyderabad», a relevé pour sa part le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), Achim Steiner, au regard de l'avancée globale des discussions.