Le gaspillage alimentaire, comment l'éviter?

ALIMENTATION Des kilos de nourriture encore consommable finissent dans nos poubelles...

Audrey Chauvet

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Le premier biodeconditionneur de France est en service depuis le mois de juin 2010 a Strasbourg.
 
Le premier biodeconditionneur de France est en service depuis le mois de juin 2010 a Strasbourg.   — SUZAN THIERRY/SIPA

On a souvent les yeux plus gros que le ventre: des portions inadaptées, des restes qu’on laisse pourrir dans le frigo, des fruits qu’on oublie dans la corbeille… En moyenne, un Français jette 20 kilos d’aliments par an, qui pourraient encore être consommés. A l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre, quelques idées pour réduire ce gaspillage qui pourrait menacer la sécurité alimentaire mondiale.

Adopter les bons gestes

Le gaspillage commence dans les rayons des supermarchés. Bien souvent, les fruits et légumes non calibrés, qui n’ont pas la forme, la taille ou l’aspect que l’on attend d’eux, sont envoyés au rebut. En collectant 1,2 tonne de ces fruits et légumes, Canal+ a préparé ce samedi un curry géant pour 6.000 personnes à Paris. «Nous devons demander aux grandes surfaces et aux entreprises de changer leur politique, c'est notre responsabilité de citoyens», a déclaré Tristram Stuart, réalisateur britannique du documentaire Global gâchis, programmé sur Canal+ le 17 octobre.

«Ne pas gaspiller commence par bien acheter, explique Laureline Bourit, coordinatrice du réseau déchets chez France nature environnement. Ne pas faire ses courses le ventre vide, acheter les bonnes doses et faire une liste de courses en fonction de ce qu’on a dans les placards», conseille-t-elle à la lumière des résultats d’un «coaching» de trente foyers. «Une fois les bons gestes adoptés, n’importe quel foyer peut réduire drastiquement son gaspillage», assure Laureline Bourit.

Finis ton assiette!

A la maison, bien conserver et cuisiner les aliments permet d’éviter de jeter des tonnes de nourriture. «On retrouve les gestes de grand-mère pour bien conserver les aliments, comme laisser tremper la salade dans un peu d’eau ou mettre les biscuits dans une boite hermétique», commente Laureline Bourit. Quant aux recettes, il faut juste faire preuve d’un peu d’imagination: on peut ressortir le pain perdu de mamie mais aussi tenter des ratatouilles hétéroclites ou des salades originales.

Ces recettes, des restaurateurs les utilisent déjà, mais souvent sans le dire aux clients qui «pourraient avoir l’impression d’être arnaqués». Mais la seule qui se fasse arnaquer dans ces restaurants, c’est la poubelle: dans les trois restaurants «coachés» par France Nature Environnement, elle ne reçoit que 53g de déchets par repas servi, contre 211 en moyenne selon les calculs du ministère de l’Agriculture, détaille Laureline Bourit. «Ils cuisinent des produits frais, travaillent en flux tendus en s’approvisionnant chaque jour à Rungis, ils connaissent les méthodes de conservation et savent cuisiner les restes», commente-t-elle. D’autres restaurateurs ont mis en place des «malus» pour les gourmands: dans un restaurant japonais du XVe arrondissement de Paris, on paye 2 euros de plus si on laisse un sushi trainer dans son assiette.