OGM: Séralini ne fournira pas d'informations supplémentaires à l'Autorité européenne dans l'immédiat

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Le chercheur français Gilles-Eric Séralini, qui a dirigé une étude choc sur un maïs OGM de Monsanto, a indiqué jeudi à l'AFP qu'il ne donnerait aucune donnée supplémentaire à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) à qui il demande de publier ses propres éléments.
Le chercheur français Gilles-Eric Séralini, qui a dirigé une étude choc sur un maïs OGM de Monsanto, a indiqué jeudi à l'AFP qu'il ne donnerait aucune donnée supplémentaire à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) à qui il demande de publier ses propres éléments. — Jean-Pierre Muller afp.com

Le chercheur français Gilles-Eric Séralini, qui a dirigé une étude choc sur un maïs OGM de Monsanto, a indiqué jeudi à l'AFP qu'il ne donnerait aucune donnée supplémentaire à l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) à qui il demande de publier ses propres éléments. A la question «Allez-vous fournir à l'Efsa davantage d'informations sur votre étude comme elle vous le demande», le professeur de l'université de Caen a répondu: «Nous attendons qu'ils fournissent ceux qui ont permis d'autoriser cet OGM et ce pesticide en particulier mais aussi les autres OGM».

L'étude qui porte sur le maïs NK 603 et le Round Up, produits par Monsanto et importés en Europe, a été publiée le 19 septembre dans la revue Food and Chemical Toxicology. Gilles-Eric Séralini dit en montrer la toxicité. L'autorité sanitaire européenne a indiqué jeudi dans un communiqué que «sans ces éléments (supplémentaires qu'elle réclame ndlr), il est peu probable que l'étude (sur ce maïs OGM) se révèle fiable, valide et de bonne qualité». Mais pour le chercheur et son équipe, «il est absolument scandaleux qu'ils (l'Efsa) gardent secrètes les données qui leur ont permis d'évaluer» cet OGM et ce pesticide. «De toute façon, on ne leur donnera rien à eux. On mettra ça sur un site public, quand eux l'auront fait», a poursuivi le professeur de biologie moléculaire.

Selon Séralini, «l'agence est juge et partie»

L'universitaire affirme que «notre but, c'est la plus grande transparence pour qu'on puisse faire une évaluation scientifique sérieuse de ce maïs avec tous les éléments, pas seulement avec une partie et des gens (l'EFSA) qui gardent l'autre secrète, alors qu'on a déjà bloqué leur budget pour conflit d'intérêts». Dans un livre paru le 25 septembre, Tous cobayes!, le chercheur précise «le budget de l'EFSA n'est pas totalement validé ou débloqué par le Parlement européen et ce pour des problèmes (...) d'indépendance». Il fait aussi allusion au fait que l'EFSA ait annoncé en mai avoir demandé à la présidente de son conseil d'administration, la Hongroise Diana Banati, de démissionner après sa décision de prendre des responsabilités au sein de l'ILSI (International Life Science Institute), le lobby de l'industrie agroalimentaire.

Dans un communiqué, Gilles-Eric Séralini estime que «l'agence est juge et partie» et que «l'Efsa, pour autoriser ces mêmes produits, a travaillé de manière laxiste à très court terme avec les données problématiques de Monsanto, et très très insuffisantes». «Nous demandons immédiatement un accès public sur internet» à ces données, y martèle-t-il. «Nous n'attendons rien de l'EFSA mise lourdement en cause pour conflits d'intérêts sur les OGM». Gilles-Eric Séralini a dit à l'AFP vouloir être jugé par «la vraie communauté scientifique, pas par celle qui s'exprime dans Marianne et qui est composée à 80% de gens qui ont permis les autorisations de ces produits». Il affirme avoir le soutien «par centaines de mails tous les jours» de scientifiques. Des dizaines de scientifiques de l'Inra, du CNRS et de l'Inserm ont dénoncé dans Marianne l'étude Séralini criant au «coup médiatique» et appelant à sortir de «l'opposition idéologique» à cette technologie.