Une marée verte bien plus discrète

ENVIRONNEMENT Le volume d'algues vertes ramassé est en fort recul cette année en Bretagne...

A Rennes, Jérôme Gicquel

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Des algues vertes échouées sur la plage de Saint-Michel-en-Grève dans les Côtes d'Armor, le 26 juillet 2011.
Des algues vertes échouées sur la plage de Saint-Michel-en-Grève dans les Côtes d'Armor, le 26 juillet 2011. — LE SAUX LIONEL/SIPA

Contrairement à l'été 2011, marqué par le feuilleton des sangliers retrouvés morts dans la baie de Morieux, le dossier des algues vertes s'est fait plutôt discret cette année. «On ne va pas s'en cacher. On a apprécié cette pause médiatique!», reconnaît Thierry Burlot, vice-président PS de la région Bretagne en charge de l'environnement. Le fléau n'a pourtant pas été éradiqué d'un coup de baguette magique mais son ampleur est restée modérée cette année. Entre avril et septembre, ce sont ainsi près de 52.230 m3 d'algues vertes qui ont été ramassés sur les plages bretonnes. Un volume inférieur de près de 40% à la moyenne enregistrée ces dix dernières années. Toutes les baies bretonnes n'ont pourtant pas été logées à la même enseigne. «Les échouages ont été très faibles en baie de Saint-Brieuc et dans le nord du Finistère. On a par contre recensé plus d'algues vertes en baies de Douarnenez et de Fouesnant», détaille Michel Cadot, préfet de région.

«Pas à l'abri d'un pic»

Cette atténuation du phénomène s'explique en grande partie par les conditions climatiques. «Il y a eu un déficit pluviométrique cet hiver, ce qui a permis d'atténuer les fuites d'azote dans les rivières. De plus, l'ensoleillement a été assez faible cet été, ce qui a évité la prolifération des algues sur les plages», détaille Thierry Burlot. Quant au plan de lutte mis en place sur la période 2010-2015, il est encore trop tôt pour en mesurer les résultats. «La partie est encore loin d'être gagnée et nous ne sommes pas à l'abri d'un pic comme on en a connu en 2009. Mais cela va dans le bon sens et on va poursuivre nos efforts pour inverser la tendance», promet Thierry Burlot. Cinq baies bretonnes ont pour l'heure signé une charte de territoire dans le cadre du plan de lutte visant à «réduire de 1.200 tonnes par an les fuites d'azote dans les rivières.» Dans les prochains jours, il devrait en être de même pour la baie de la Fresnaye et les anses de Guisseny et l'Horn-Guillec.