Airbus va développer un carburant propre pour l'aviation en Chine

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Le constructeur européen Airbus a annoncé lundi avoir été choisi par la Chine pour développer un carburant renouvelable destiné à l'aviation commerciale dans ce pays amenée à s'accroître fortement au cours des 20 prochaines années.
Le constructeur européen Airbus a annoncé lundi avoir été choisi par la Chine pour développer un carburant renouvelable destiné à l'aviation commerciale dans ce pays amenée à s'accroître fortement au cours des 20 prochaines années. — Eric Cabanis afp.com

Le constructeur européen Airbus a annoncé lundi avoir été choisi par la Chine pour développer un biocarburant destiné à l'aviation commerciale, amenée dans ce pays à s'accroître fortement au cours des 20 prochaines années.

"China Petroleum & Chemical Corporation (Sinopec), l'une des plus importantes sociétés d'énergie en Chine, et Airbus travaillent au développement et à la promotion d'un carburant renouvelable pour une utilisation commerciale régulière dans le secteur de l'aviation en Chine", explique Airbus dans un communiqué.

L'avionneur ajoute que "Sinopec est le partenaire clé permettant au gouvernement central d'établir un certificat de navigabilité chinois relatif aux carburants alternatifs".

Le carburant sera produit à partir de matières premières locales par Sinopec qui utilisera sa propre technologie dans une raffinerie nouvellement construite à Hangzhou (près de Shanghai).

"La raffinerie est l'une des seules, dans le monde, à posséder la capacité de produire à grande échelle du carburant pour l'aviation à partir de biomasse", selon Airbus.

Interrogé par l'AFP, Airbus n'était pas en mesure de préciser quand la production pourrait démarrer.

Pour autant, une porte-parole a souligné que ce ne sera pas à longue échéance.

"Nous en sommes à la sélection de la matière, la biomasse qui doit provenir à 100% de Chine et être durable. Une fois que l'analyse de durabilité et de certification sera terminée, nous lancerons la production", a-t-elle commenté.

Elle a ajouté que le processus de certification prenait entre 6 mois et trois ans. "Mais nous sommes plutôt dans l'idée que cela prendra environ un an", a-t-elle encore déclaré.

Airbus explique apporter "son expertise technique", acquise lors des processus antérieurs de certification auprès des autorités américaines et européennes.

L'avionneur contribue déjà au développement de carburants alternatifs en Australie, en Amérique Latine, en Europe et au Moyen-Orient.

Le développement de biocarburant en Chine est stratégique pour Airbus, le transport aérien étant l'un des plus prometteurs au monde.

Début septembre, le constructeur du célèbre moyen-courrier A320 et du plus gros avion du monde A380, table sur un marché total d'environ 28.200 avions à livrer entre 2012 et 2031, dont 35% en Asie.

En Chine, le trafic passager devrait augmenter de 6,8% par an d'ici 2031 contre 4,7% pour le trafic mondial, selon des prévisions du constructeur.

Interrogée sur la portée de ce projet avec la Chine qui boycotte la taxe carbone européenne entrée en vigueur le 1er janvier, la porte-parole n'a pas souhaité faire de commentaires.

Cette taxe oblige les compagnies opérant dans l'Union européenne, quelle que soit leur nationalité, à acheter l'équivalent de 15% de leurs émissions de CO2, soit 32 millions de tonnes, pour lutter contre le réchauffement climatique.

Pour l'heure, seules les compagnies européennes s'y conforment.

Outre le boycott de la taxe, la Chine a pris des mesures de rétorsion en bloquant des commandes de compagnies chinoises pour des Airbus, dont une portant sur dix A330.

L'Allemagne, l'Espagne, la France et le Royaume-Uni, qui soutiennent Airbus, ont réitéré le 11 septembre leur volonté de trouver une solution mondiale à la contribution du transport aérien à la réduction des émissions carbone pour sortir de l'impasse provoquée par ce dispositif européen.

Ils avaient alors regretté les mesures de rétorsion visant Airbus.