OGM: Une étude choc sur des rats

SANTÉ ne étude montre que les rats nourris avec du maïs OGM meurent plus jeunes et développent plus de cancers...

M.Gr. avec AFP
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Une étude, publiée le 19 septembre 2012, montre que les rats nourris avec un maïs OGM meurent plus jeunes et développent plus de cancers
Une étude, publiée le 19 septembre 2012, montre que les rats nourris avec un maïs OGM meurent plus jeunes et développent plus de cancers — Paul Brown / Rex Featur/REX/SIPA

Le débat sur les OGM relancé. Selon une étude de long terme à  paraître ce mercredi en ligne dans la Revue internationale «Food and  Chemical Toxicology» et présentée par ses auteurs comme une «première  mondiale», des rats nourris avec un maïs OGM meurent plus jeunes et souffrent plus souvent de cancers que les autres.

Dans  cette étude, on observe par exemple deux à trois fois plus de mortalité  chez les femelles traitées. «Il y a deux à trois fois plus de tumeurs  chez les rats traités des deux sexes», a expliqué à l'AFP Gilles-Eric  Seralini, professeur à l'Université de Caen, qui a dirigé l'étude.

Régime alimentaire américain

Deux  cents rats ont été alimentés pendant deux ans maximum soit avec un maïs  OGM NK603 seul, soit avec ce maïs OGM traité au Roundup, soit avec du  maïs non OGM traité au Roundup, herbicide le plus utilisé au monde. Ces  deux produits sont la propriété du groupe américain Monsanto.

Le maïs était introduit au sein d'un régime équilibré dans des proportions représentatives du régime alimentaire américain. «Les  résultats révèlent des mortalités bien plus rapides et plus fortes au  cours de la consommation de chacun des deux produits», résume le  chercheur, qui fait ou a fait partie de commissions officielles sur les  OGM dans 30 pays.

«Le premier mâle nourri aux OGM meurt un an  avant le premier témoin. Le première femelle huit mois avant. Au 17e  mois, on observe cinq fois plus de mâles nourris avec 11% de maïs (OGM)  morts», détaille-t-il. Côté tumeurs, elles apparaissant jusqu'à 600  jours avant chez les mâles (au niveau de la peau et des reins) et en  moyenne 94 jours avant pour les femelles (au niveau des glandes  mammaires).

Tumeurs plus grosses que des balles de ping-pong

Les  chercheurs ont constaté que 93% des tumeurs des femelles étaient  mammaires tandis que la majorité des mâles sont morts de problèmes  hépatiques ou rénaux. L'article de Food and Chemical Toxicology, dont  l'AFP a obtenu copie, montre des rats femelles de laboratoire avec des  tumeurs plus grosses que des balles de ping-pong.

«A la dose la  plus faible de Roundup, qui correspond à ce qu'on peut trouver dans  l'eau en Bretagne au moment des épandages de ce produit, on observe 2,5  fois plus de tumeurs mammaires», souligne le professeur.

Les  OGM agricoles sont modifiés pour tolérer ou produire des pesticides:  100% des OGM cultivés à grande échelle en 2011 sont des plantes à  pesticides, a souligné Gilles-Eric Séralini. «Pour la première fois au  monde, un OGM et un pesticide ont été évalués pour leur impact sur la  santé plus longuement que les agences sanitaires, les gouvernements et  les industriels ne l'ont fait», a affirmé le professeur.

«Les meilleurs tests avant d'aller tester chez l'homme»

Selon lui, le NK603 n'avait jusqu'alors été testé que sur une période  de trois mois. Quelques OGM ont déjà été testés à trois ans, mais  jamais avec des analyses aussi approfondies. C'est la première fois, selon  Gilles-Eric  Séralini, que le Roundup est testé sur le long terme. Jusqu'à présent,  seul le principe actif du Roundup sans ses adjuvants avait été testé  plus de six mois. «Ce sont les meilleurs tests qu'on peut avoir avant d'aller tester chez l'homme», a dit le chercheur.

L'étude  a été financée par la fondation Ceres, financées notamment par une  cinquantaine d'entreprises parfois dans l'alimentaire qui ne produisent  pas d'OGM, et la Fondation Charles Leopold Meyer pour le progrès pour  l'homme.

Les fonds sont gérés par le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), dont Gilles-Eric Séralini préside le conseil scientifique et dont le conseil d'administration a été présidé par Corinne Lepage, ancienne ministre de l'Environnement.