Semaine de la mobilité: Ça roule pour les vélo-écoles

TRANSPORTS Savoir faire du vélo, ce n'est pas seulement savoir pédaler. Reportage-vidéo dans une «vélo-école» parisienne...

Audrey Chauvet

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Cours de vélo dans le parc de la Villette, à Paris, le 13 septembre 2012.
Cours de vélo dans le parc de la Villette, à Paris, le 13 septembre 2012. — A.Chauvet - 20 Minutes

«Enlevez la main gauche», «Les pieds en arrière», «On se met debout». Bruno donne les instructions de la chorégraphie à laquelle participe une dizaine d’élèves. La plupart sont des femmes, de 20 à 60 ans, qui viennent une à trois fois par semaine suivre les cours de l’association Animation insertion & culture vélo (AICV) dispensés dans le parc de la Villette, dans le 19e arrondissement.

«Les débutants ont toujours la banane»

Ce jeudi, c’est le premier cours de Grégory, 28 ans: «A un moment, on a l’impression d’être seul sur terre à ne pas savoir faire du vélo, explique-t-il, alors qu’en fait c’est le cas de plein de gens. C’est comme le permis voiture, il n’y a pas de honte à ne pas l’avoir!» Grégory n’est pas monté sur un vélo depuis ses huit ans, car il a «grandi en ville et mes parents n’en ont jamais fait», se souvient-il. Mais lors de ses dernières vacances, l’impossibilité d’accompagner «deux copines italiennes» dans une ballade à vélo le décide à prendre des cours.

«La plupart des élèves viennent pour en faire le week-end avec les enfants, témoigne Frédéric Vitry, moniteur de vélo. Certains pour se déplacer ou aller au travail.» Un de ses élèves avait besoin de prendre le vélo pour rejoindre son arrêt de bus, un autre de se former pour devenir facteur… Les motivations sont diverses, mais l’enthousiasme toujours présent. «Les débutants ont toujours la banane, assure Frédéric Vitry. Ils sont comme des enfants, même s’ils progressent moins vite.» Les cris de joie d’une grande élève lors de son premier virage le prouvent. «En moyenne, il faut dix leçons pour commencer à être à l’aise, tourner, freiner, passer les vitesses sans regarder et faire des choses pointues comme slalomer entre des plots», explique le moniteur, qui suit de très près les petits nouveaux.

Apprendre le «code de la rue»

Au bout de quelques heures de pratique, les plus avancés travaillent l’équilibre et la trajectoire avec Bruno Rolph, moniteur diplômé d’Etat, qui les soumet également à de drôles d’exercices pour se tenir debout sur le vélo: «C’est très important car si on passe sur un trou ou un obstacle, cela permet de ne pas prendre le choc», explique-t-il.  Pilar, grande élève de 57 ans, est ravie des cours: «Avant j’avais trop peur, mais maintenant je peux faire du vélo avec mon mari.» En revanche, pas encore question pour elle de pédaler en plein Paris. «En ville, les gens sont pressés en voiture, il y a mille dangers à gérer et il faut être très à l’aise techniquement pour pouvoir se concentrer sur l’environnement», reconnaît Frédéric Vitry.

Signalisation routière et comportements à adopter sont aussi au programme des leçons. «Nous leur apprenons le code de la route bien sûr, mais surtout le code de la rue, c’est-à-dire savoir cohabiter avec les autres usagers, piétons et voitures», poursuit Frédéric, qui remarque bien souvent des attitudes dangereuses chez les cyclistes parisiens. «La plus grosse bêtise, c’est de téléphoner ou d’avoir un MP3 sur les oreilles, déplore-t-il. Et puis griller les feux…» A vélo, c’est le même code de la route qui s’applique qu’en voiture: on respecte les stops, les feux, les sens interdits et les limitations de vitesse. Sinon, les amendes sont les mêmes que pour les conducteurs, sauf les points en moins sur le permis. Sauf si un jour les cyclistes se voient obligés de passer un permis: «Je suis pour un permis vélo, mais plutôt pour les jeunes à l’école afin qu’ils prennent conscience que quand on est chauffeur, piéton ou cycliste, il y a un comportement différent à avoir», rappelle Bruno Rolph.

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