Conférence environnementale: Les clés pour tout comprendre

ENVIRONNEMENT Après la conférence sociale en juillet, le gouvernement va plancher sur l'environnement...

Audrey Chauvet

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Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, le 29 août 2012.
Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, le 29 août 2012. — LAURENT ETIENNE/SIPA

Ce n’est pas un Grenelle bis, assure le gouvernement, même si ça en a l’air. Vendredi et samedi, la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, réunit au Conseil économique et social toutes les associations, syndicats, industriels, experts et politiques qui ont un rôle à jouer dans la «transition écologique». Que vont-ils faire pendant deux jours? 20 Minutes décrypte la conférence.

C’est quoi, une «conférence environnementale»?

A l’image de la conférence sociale de juillet, la conférence environnementale veut instaurer un dialogue pérenne sur les questions environnementales en impliquant toutes les parties prenantes. L’objectif est aussi de rassurer les associations et ONG sur l’importance accordée à l’écologie par le nouveau gouvernement. «Est-ce que ce gouvernement sera le premier à faire du climat et de la biodiversité un déterminant des politiques publiques?», s’interroge Christophe Aubel, directeur de l’ONG Humanité & Biodiversité. Pour beaucoup d’associations, l’espoir de faire de l’environnement un sujet transversal à tous les ministères est fort.

Qui sera présent?

Pas que des écolos, justement, pour prendre en compte tous les points de vue et rappeler à chacun que l’environnement concerne  tous les secteurs. Le ministre de l’Agriculture notamment sera présent et des représentants du ministère de l’Economie seront aussi là pour parler fiscalité verte. Les syndicats, de la CFDT à la FNSEA, seront là aussi, concernés au premier chef par la «transition écologique»: «Que fait-on des salariés de PSA à Aulnay, on les abandonne ou on invente la nouvelle voiture qui consomme 2 litres aux 100? Et les éleveurs qui travaillent pour Doux, est-ce qu’on leur propose maintenant un modèle agricole durable?», rappelle Benoît Faraco, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot.

Le Medef sera également présent pour aborder ces sujets qui s’annoncent houleux. Et face aux traditionnelles ONG environnementales, seront aussi présents des «experts» et des représentants des industries, notamment pétrolières, ou des chasseurs. «C’est mieux de se mettre autour de la table avec eux que de les laisser manipuler les parlementaires après coup», estime Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement (FNE). Et justement, la grande innovation réside dans la présence des parlementaires, afin d’éviter le détricotage des mesures qui avait eu lieu dans la traduction législative du Grenelle de l’environnement.

De quoi va-t-on parler?

Cinq tables rondes se tiendront vendredi après midi et samedi matin. La plus attendue vise à «préparer le débat sur la transition énergétique» qui devrait avoir lieu en 2013. «Nous allons y définir la méthode pour cadrer les grands choix énergétiques de la France tout en respectant les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre», explique Benoît Hartmann. Les polémiques sur le gaz de schiste ou sur le nucléaire seront certainement remises à plus tard. Les autres tables rondes traiteront de la biodiversité («Faire de la France un pays exemplaire en matière de reconquête de la biodiversité»), la santé et l’environnement («Prévenir les risques sanitaires environnementaux»), le financement de la transition et la fiscalité écologique, et la gouvernance environnementale.

Que peut-on en attendre?

Les ONG environnementales espèrent surtout un message fort donné par François Hollande lors de son allocution d’ouverture vendredi matin. «Appeler cette conférence "pour la transition écologique", c’est une promesse qu’il faut rappeler à ceux qui l’ont faite», estime Bruno Genty, président de FNE. Economie, agriculture, urbanisme, transports,… vont peut-être prendre un tournant plus vert. Mais pour cela, il faudra des moyens et une vision à long-terme. «Nous attendons qu’il y ait une vision cohérente au-delà de deux ans, des engagements, des objectifs et surtout des moyens», poursuit  Bruno Genty. Gage de sérieux pour les ONG, cette conférence doit se tenir tous les ans. Parce que non, l’environnement, ça ne commence pas à bien faire.