Festival de Cannes: Des Stars et des Dieux

CANNES Une Eglise Cannoise retrace l'origine de la palme d'or jusqu'aux martyres chrétiens et embarque des personnalités du cinéma dans ce voyage...

A Cannes, Charlotte Pudlowski

— 

Vue générale de l'abbaye de Lérins sur l'île Saint-Honorat le 23 décembre 1999 au large de Cannes
Vue générale de l'abbaye de Lérins sur l'île Saint-Honorat le 23 décembre 1999 au large de Cannes — AFP / PASCAL GUYOT

En face du Palais du festival, traversez la Croisette, prenez une petite rue et retrouvez-vous devant l'Eglise Notre-Dame du bon voyage. Une exposition y est intitulée «De la palme des martyres à la palme d'or». L'Eglise, en partenariat avec la ville de Cannes, a décidé de rappeler que l'insigne honneur du cinéma mondial a des racines chrétiennes.

La palme, symbole de victoire depuis l'Antiquité et devenue au Moyen-âge, pour toute la chrétienté, le symbole du martyre, est l'emblème de l'Abbaye de Lérins, sur l'île Saint-Honorat, en face de la côte, explique Yvon Bertorello, auteur réalisateur de documentaires spécialise de théologie, initiateur de l'exposition. Cannes lui a pris cet emblème quand au 11e siècle, - la ville était encore le bourg de Canoïs - elle est rattachée à l'île.

Des paillettes au cloître

«Personne, en 64 festivals, n'avait jamais expliqué cette histoire!» s'étonne Yvon Bertorello.

Pour réparer cet oubli, le 18 mai (en plein festival), l'Eglise emmènera une fournée de «stars françaises et internationales» dans l'Abbaye de Lérins, histoire de leur faire découvrir le cloître qui donne son symbole à la récompense la plus prisée du monde du cinéma.

Coup de com'

«Pourquoi est-ce que les stars n'auraient pas besoin de Dieu?» s'interroge l'abbé Michel de Jouy. «La vraie palme ne doit pas être éphémère, ce doit être la vie éternelle»... Il s'agit, pour Yvon Bertorello, de montrer aux stars la vie de moines, «une retraite spirituelle au milieu des paillettes et du business du cinéma».

Une retraite spirituelle pour les stars et un super coup de com pour l'Eglise. Si Yvon Bertorello dément le voir comme tel, il confesse qu'une équipe télé et un photographe seront sur place. «Mais ils seront très respectueux de ce voyage».Et le reste des médias est convié à venir assister au départ de l'embarcation à la gare maritime, puis à son retour de l'île.

Des Hommes et des Dieux  a suscité un engouement pour «la chose religieuse, et une curiosité pour la chrétienté», estime Yvon Bertorello. D'ailleurs, seul nom connu parmi les stars qui se rendront sur l'île: Michael Lonsdale. «Mais la toute première personne à qui j'en ai parlé, c'est Monica Bellucci, souligne le documentariste. Elle a trouvé l'idée formidable».