Les zones d'ombres de la mort de Marie-France Pisier

ENQUETE L'autopsie pratiquée mardi n'a pas permis de déterminer les causes de la mort...

Sandrine Cochard avec Vincent Vantighem

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Marie-France Pisier au festival de cinéma de Deauville, en septembre 2010.
Marie-France Pisier au festival de cinéma de Deauville, en septembre 2010. — BENAROCH/NIVIERE/SIPA

Marie-France Pisier s’est-elle suicidée? L’enquête se poursuit mercredi sur la mort mystérieuse de l’actrice, retrouvée inanimée par son mari dans la piscine de leur résidence, à Saint-Cyr-sur-Mer (Var). L’autopsie pratiquée mardi n’a pas permis de déterminer les causes de la mort. 20Minutes fait le point sur les questions encore sans réponse de cette affaire.

Comment est morte Marie-France Pisier?
Le corps de l’actrice, âgée de 66 ans, a été retrouvé par son mari, dans la piscine de leur résidence. Selon toute vraisemblance, Marie-France Pisier se serait noyée. Problème: l’autopsie pratiquée mardi à Marseille «n’a pas permis de déterminer les causes de sa mort», a reconnu le procureur adjoint de Toulon, Pierre Cortès. Il est donc impossible d’infirmer ou de confirmer l’hypothèse de la noyade. «Je n’exclus ni la thèse criminelle, ni la piste du suicide» a précisé le procureur.

Comment s’est déroulée la soirée de sa mort?
Vers 23h30, le mari de Marie-France Pisier est allé se coucher, laissant l’actrice devant la télévision. Quatre heures plus tard, il se réveille et se rend compte que sa femme n’est pas à ses côtés. Il la cherche alors dans la villa puis aperçoit une forme dans l’eau de la piscine. Marie-France Pisier est inanimée est coincée dans une chaise en fer forgé. Son mari appelle le gardien de la propriété et les deux hommes attendent au bord de la piscine les pompiers, qui arrivent une demi-heure plus tard. Le décès de l’actrice est finalement constaté à l’hôpital de Toulon.

Comment l’actrice a-t-elle pu se coincer dans une chaise?
C’est la grande inconnue de cette affaire. Les enquêteurs ignorent encore ce qui s’est passé entre 23h30 et 3h30, laps de temps durant lequel Marie-France Pisier était seule. Le procureur adjoint indiquait mardi soir que «sa tête et ses épaules étaient complètement empêtrées», lorsque son corps a été repêché par les pompiers. Que faisait cette chaise à proximité de la piscine? On l’ignore encore. Selon une source judiciaire citée par La Provence, elle ne se trouvait pas habituellement à proximité immédiate de la piscine mais faisait plutôt partie «du mobilier de jardin qui garnissait une terrasse, d'une autre aile de la maison». Pierre Cortès a expliqué à 20Minutes que la chaise avait été saisie mais pas analysée. Des photos ont été prises.

Accident ou suicide?
Ce sont les deux pistes privilégiées par les enquêteurs. «Aujourd'hui, il n’y a pas d'indices pouvant donner corps à une hypothèse criminelle», affirmait le parquet mardi soir. Si la piste de l’accident a été la première suivie, celle du suicide n’est pas écartée. Selon RTL, les enquêteurs n’excluent pas que Marie-France Pisier ait elle-même pu se lester avec cette lourde chaise placée au bord de la piscine. Deux ordinateurs ont été saisis, ainsi que le mobile de l'actrice, qui avait pris l'eau, «mais on devrait pouvoir tirer quelque chose avec l’opérateur», selon le procureur adjoint. La police veut notamment vérifier qu’aucun message d’adieu n’a été laissé par l’actrice, qui luttait contre un cancer.

Selon les premières analyses sanguines, Marie-France Pisier n’avait pas d’alcool ou de substance médicamenteuse dans le sang. De nouvelles analyses toxicologiques ont toutefois été demandées par le parquet. Les résultats sont attendus pour la fin de la semaine ou le début de la semaine prochaine. Quant aux analyses anatomo-pathologiques (qui étudient les lésions des tissu), les résultats ne seront «pas connus avant un mois et demi» selon Pierre Cortès.

Le voisinage a également été interrogé. Le couple de jardiniers qui arrivait de Paris et qui s’installait dans la propriété l’a trouvée «radieuse et rayonnante». «Tôt ou tard, nous devrons interroger les enfants. Mais là, c’est trop dur pour eux. On verra d’ici quelques jours» a conclu Pierre Cortès.