Jean-Luc Delarue veut prêcher la bonne parole contre la drogue

PEOPLE Depuis son interpellation pour possession de cocaïne, l'animateur se façonne une image de repenti médiatique...

Sandrine Cochard

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Il y a encore quelques semaines, Jean-Luc Delarue était le présentateur qui penchait la tête sur le côté, l’air compatissant, en écoutant ses invités parler de leurs tocs et autre syndrome Gilles de la Tourette. Une interpellation pour possession de cocaïne plus tard, l’homme s’est mué en plaidoyer vivant contre la consommation de drogue. Il a d’ailleurs annoncé mercredi qu’il comptait «créer une fondation qui aura pour mission d'informer les collégiens et les lycéens sur les dangers de l'addiction aux drogues». Une image savamment façonnée à coups d’interventions dans les médias. Explications.
 
Acte 1: le mea culpa
 
14 septembre 2010. Jean-Luc Delarue est interpellé en bas de chez lui par la police et les photos de la scène ne tardent pas à circuler. Le soir-même, l’animateur, relâché après une dizaine d’heures de garde à vue, reprend la main sur cette affaire. Il maintient l’enregistrement de son émission «Toute une histoire» et s'offre un mea culpa public. «Je présente mes excuses à ceux que j'ai pu offenser ou décevoir. En tous cas, je ne veux pas donner le mauvais exemple», déclare l’animateur dans cette séquence de 43 secondes publiée sur les plateformes YouTube et Dailymotion.
 
Sa ligne de défense est désormais claire: reconnaître ses erreurs tout en misant sur sa fragilité. «Il y a des moments qui sont un peu plus durs dans la vie. Les histoires que je reçois de mes invités, je les prends parfois un peu dans la poire. Parfois, je me protège», ajoute-t-il.
 
Acte 2: le bon exemple
 
Privé d’antenne par le président de France Télévisions, Rémy Pflimlin –pour lequel il n’est plus «conforme avec l'exemplarité que doit avoir le service public»-, Jean-Luc Delarue médiatise son addiction. «J’ai de la chance de ne pas être accro», affirme-t-il à Gala une semaine après son interpellation. Un faux-pas qu’il rectifie très vite, axant désormais sa communication sur sa «maladie» pour compter sur l’empathie du public.
 
Il accorde ensuite un entretien à l’Agence France Presse (AFP), dont les informations sont reprises par la majorité des médias français, dans lequel il annonce son départ en cure, en Suisse, et dévoile plusieurs détails (la cure prévoit six heures de groupe de travail par jour, pas de téléphone les premiers jours, pas d'ordinateur...). Oui, ce qu’il a fait est mal, oui, il va se soigner. Celui qui n’était surtout pas un exemple à suivre veut inverser la tendance et montrer qu’il peut se montrer exemplaire.
 
Sa communication s’affûte sur le mode «ça peut arriver à tout le monde». «En quelques années, le prix du gramme a été quasiment divisé par deux (de 150 à 80 euros). Et aujourd'hui, 4% des adolescents y ont touché, c'est énorme!», souligne-t-il. La France a peur mais suit de loin le feuilleton médiatico-tragique de l’animateur.
 
Acte 3: la bonne parole
 
Sa cure terminée, Jean-Luc Delarue n’est plus le même homme. Du moins c’est l’image qu’il cherche à renvoyer. Dans un long entretien publié mercredi par TVMag, l’animateur évoque ce qu’il appelle sa «cure de rétablissement» et non de désintox. Méthode employée (Minnesota), réveil à 7h, groupes de parole et sessions de sport obligatoire… Tout y passe. A mille lieues de l’image d’Epinal des paillettes et des soirées du showbiz, Jean-Luc Delarue se présente comme un homme simple et repenti. «J'ai compris beaucoup de choses sur moi-même au cours de cette cure», que «j'étais encore plus sensible que je ne le pensais».
 
Depuis, le nouveau credo de l’animateur est la prévention. «Je vais prendre la route avec un camping-car et partir dans une cinquantaine de villes en France, en Suisse et en Belgique pendant trois mois à raison de quatre à cinq jours par semaine!, explique-t-il. Je pense commencer en février ou en mars et je dormirai dans mon camping-car, voire parfois dans un hôtel s'il fait trop froid... Et, à chaque étape, j'organiserai des réunions dans les collèges, les lycées, les salles polyvalentes et les MJC.» Rendez-vous est pris.