L’ancien responsable du contre-terrorisme britannique confirme les menaces de l’extrême droite sur Meghan Markle

TERRORISME Neil Basu a été en charge la cellule anti-terroriste de la Metropolitan Police de 2015 jusqu’à cette année

Caroline Madjar (Cover Media)
La duchesse de Sussex Meghan Markle
La duchesse de Sussex Meghan Markle — John Rainford/Cover Images

La parole des politiciens pèse lourd et tenir des propos racistes et haineux augmente l’insécurité. C’est ce qu’est venu expliquer l’ancien responsable de la cellule anti-terroriste de la Metropolitan Police, Neil Basu, qui en a été en charge de 2015 à cette année. Il était notamment responsable de la sécurité de la famille royale et donc au fait des menaces pesant sur Meghan Markle venant de groupuscules d’extrême droite.



La duchesse de Sussex a en effet été la cible de menaces « écœurantes et très réelles », confirme Neil Basu.

« J’ai parlé depuis de nombreuses années de la menace terroriste d’extrême droite. J’ai souvent été mal cité par certains qui ont affirmé que je la considérais comme la plus grande menace. Je n’ai jamais dit que le terrorisme d’extrême droite était la plus grande menace. En revanche, c’est celui qui augmente le plus vite. Quand j’ai commencé au contre-terrorisme en 2015, le terrorisme d’extrême droite représentait 6 % de notre travail. Quand je suis parti il y a six mois, c’était plus de 20 % », a-t-il confié face aux caméras de Channel 4.

Le poids des mots

« Si vous aviez lu les écrits qu’elle recevait (…) s’ils vous étaient adressés, vous vous sentiriez en permanence en danger », a-t-il expliqué, évoquant « la rhétorique que l’on trouve sur les réseaux sociaux ».

Face à ces menaces de mort contre Meghan Markle, « des enquêtes ont été menées et des personnes ont été condamnées ».

Neil Basu a quitté son poste cette année, après de lourds désaccords avec le gouvernement Conservateur. L’ancien responsable du contre-terrorisme a comparé les discours actuels des politiciens, notamment celui tenu par la ministre de l’Intérieur Suella Braverman qui évoquait lors d’un meeting son « rêve » de voir des « charters remplis de migrants » rentrer au Rwanda, à celui d’Enoch Powell en 1968. Cet ancien député conservateur avait tenu un discours anti-immigration, professant, déjà, la théorie raciste du grand remplacement dans cette tribune surnommée, outre-Manche, le Rivers of blood.

« C’est inimaginable de lire et entendre une succession de politiciens de premier plan parler dans un langage qui rappelle à mon père celui de 1968. C’est effrayant », a déclaré Neil Basu, qui a rappelé, qu’après le discours haineux du politicien de droite, ses parents, un couple mixte, se sont fait caillasser dans la rue et que lui-même s’est fait agresser.

« Je suis au courant des problèmes de justice sociale et raciale. Et si c’est ça, la définition de woke, je la porterai alors fièrement sur le revers de ma veste chaque jour de la semaine. Et au passage, chaque officier de police ferait mieux de le croire également. Nous sommes là pour servir tout le monde, sans peur ni favoritisme, peu importe l’apparence ou s’il s’agit de personnes que nous aimons », a-t-il conclu.