Affaire Tomer Sisley: Un participant au jeu conteste la version de la police

ENQUETE Selon lui, si un policier a été visé, personne ne savait qui il était puisqu'il ne s'était pas annoncé...

J. M. avec agence

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Tomer Sisley présente le film Largo Winch à Hong Kong, le 23 juin 2009.
Tomer Sisley présente le film Largo Winch à Hong Kong, le 23 juin 2009. — YM YIK/EPA/SIPA

La police a ouvert le feu sans somations. C'est ce qu'affirme ce mercredi un des participants au jeu de rôle au cours duquel Tomer Sisley a été interpellé lundi soir. L'homme, qui a souhaité rester anonyme mais figure parmi les gardés à vue, conteste en effet la version des policiers.
 
D'abord les coups de feu, ensuite les présentations
 
Selon la version officielle, les agents des forces de l'ordre ont cru avoir affaire à des malfaiteurs en tombant sur le groupe qui jouait dans un parking souterrain de la rue du Chevaleret, dans le 13e arrondissement de Paris, avec des armes non létales (pistolets à bille ou à visée laser). Et quand l'un participants a visé un policier, celui-ci, «se sentant en danger», a tiré avec son arme de service à deux reprises.
 
Faux, répond le participant anonyme, qui nie que l'un d'entre eux ait visé «délibérément» le policier. «La police est arrivée sans s'annoncer, raconte-t-il, on croyait toujours être dans notre jeu et il y a eu une visée de laser contre un policier mais on ne savait pas qui il était.» Selon lui, «c'est après (ses) coups de feu que la police a annoncé la couleur» et elle «s'est comportée comme des cow-boys».
 
La Bac pas inquiétée
 
La bande d'amis pratiquait ce jeu, baptisé «Airsoft», dans ce parking depuis six mois «tous les lundis» et avec «l'accord du gardien», a ajouté cet homme affirmant que lui et ses camarades envisageaient un «dépôt de plainte» à l'Inspection générale des services (IGS - dite police des polices) déjà en charge de l'enquête.
 
La brigade anti-criminalité (Bac) intervenue dans le parking «avait affaire à des hommes masqués, armés», explique une source policière. La police persiste à affirmer que la brigade a «respecté la procédure» et que «rien ne lui est reproché» en l'état des investigations.