Pourquoi les déboires de Tiger Woods fascinent autant

PEOPLE Rien de tel qu'un bon sex scandal et une image de gendre idéal auto-façonnée qui vole en éclats pour déclencher une tempête médiatique...

Philippe Berry

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Tiger Woods, après un put raté à l'US Open 2008
Tiger Woods, après un put raté à l'US Open 2008 — REUTERS/M.BLAKE
De notre correspondant à Los Angeles

La photo est parfaite. Le bonheur, palpable. A ses côtés, sa femme suédoise, belle comme un ange, leur fille sur ses genoux, son nouveau-né dans les bras. Il y a même leur deux chiens. La famille ultime. C'était fin 2008. Un an plus tard, ne restent que les déclarations de supposées maîtresses, des textos olé olé , la une de US Weekly barrée d'un énorme «Yes, he cheated» (Oui, il a été infidèle), des excuses de l'intéressé aussi floues que les circonstances de son accident de voiture et des sponsors qui commencent à fuir.
 
L'emballement médiatique est total. En témoignent les volumes mesurés par Google Trends ou les 2081 tweets «Tiger Woods» publiés sur le temps d'écrire ce paragraphe. Les paparazzi traquent la star en Floride. Une de ses supposées maîtresses a même été aperçue forcée de rentrer chez elle par la fenêtre. Le PDG de Yahoo, Carol Bartz, résume bien la situation: «Que dieu bénisse Tiger. page de Une, informations, sports, potins... il était dans toutes les sections. C'est mieux que la mort de Michael Jackson, car c'est plutôt difficile de placer une publicité à côte d'un enterrement». Aussi cynique que vrai.
 
 
«Je vais t'user»

 
La frénésie a gagné tout le monde. Dans des soirées à Los Angeles, on fait des paris entre amis sur le nombre de maîtresses de Tiger Woods. Comme lors de la mort de Michael Jackson, le site people TMZ.com est le premier sur le coup et a publié une centaine de billets sur le «Tigergate» en treize jours. Dans les tabloïds, on ne compte plus les galeries photos sur les maîtresses supposées (huit à ce jour mais une seule –Jaime Grubbs, une serveuse– a témoigné publiquement).
 
Ce n'est pas tout. Il y a les retranscriptions du «sexting» (SMS cochon) que la demoiselle de 24 ans a fourni à US Weekly («Envoie moi une photo coquine. Va aux toilettes et prends une photo» ou encore «Je vais t'user», lui aurait écrit Tiger Woods) ou carrément le message laissé par la star sur son répondeur lui demandant d'effacer son nom.
 
 
 
«Il touche au divin»

 
Secouez tout ça, et vous avez une image de Mister Perfect (on ne compte plus les livres La méthode Tiger, Comment être un gagneur) qui implose, un masque qui se fissure. «Cette image, il se l'est soigneusement façonnée tout seul», explique à 20minutes.fr Lawrence D. Londino, auteur d'une biographie de Tiger Woods. «Il avait un contrôle total et absolu dessus, fermant totalement la porte aux médias. En conférence de presse, il y avait toujours une tension, de peur que quelqu'un lui pose une question sur autre chose que son swing».
 
De Bill Clinton à Tiger Woods, l'Amérique a toujours eu une fascination pour les sex scandals et la chute des modèles de vertu. De John Edward à Eliot Spitzer, les conférences de presse des politiques pris la braguette ouverte, leur femme à leurs côtés tentant de rester digne face caméra tandis qu'ils s'excusent publiquement, sont toujours des grands moments de télévision.
 
«Tiger Woods est l'un des plus grands golfeurs de tous les temps. Il semblait être un mari et un père parfait, aidant les enfants défavorisés. Par son jeu, il touche même au divin», explique Lawrence Londino. Mais dans ses excuses, Tiger Woods le rappelle: «Je ne suis pas sans défauts, et suis loin d'être parfait». Un homme, en somme.