Roman Polanski attend de connaître la suite du scénario

JUSTICE Le cinéaste franco-polonais doit sortir de prison vendredi matin...

Vincent Vantighem

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Le cinéaste français d'origine polonaise Roman Polanski s'est rebellé en pleine conférence de presse au Festival de Cannes dimanche, jugeant les questions des journalistes "pauvres", et les accusant de ne "plus s'intéresser au cinéma".
Le cinéaste français d'origine polonaise Roman Polanski s'est rebellé en pleine conférence de presse au Festival de Cannes dimanche, jugeant les questions des journalistes "pauvres", et les accusant de ne "plus s'intéresser au cinéma". — Anne-Christine Poujoulat AFP

Il vient d'être déplacé de la prison de Winterthour où il était emprisonné dans un « autre endroit » pour « des raisons de sécurité », a indiqué le ministère suisse de la Justice. Il a été « affecté » par ses deux mois de prison. Après avoir versé une caution de 3 millions d'euros et laissé son passeport à la police, Roman Polanski doit regagner ce vendredi midi son chalet de Gstaad en Suisse. « Il va y avoir un vraie traque des médias. C'est très angoissant », prophétisait ce jeudi Hervé Témime, l'un de ses avocats qui refuse de s'exprimer sur la suite de la procédure.

Une audience prévue jeudi prochain

Elle est pourtant connue. En résidence surveillée, le cinéaste de 76 ans devrait s'opposer à la demande d'extradition émise par les USA qui l'accusent toujours d'avoir eu des « relations sexuelles illégales » avec une mineure de 13 ans en 1977. De recours en recours, Polanski pourrait rester entre six mois et un an en Suisse avant d'être contraint à se présenter devant le tribunal de Los Angeles (Californie).

En l'absence du prévenu, l'audience prévue jeudi prochain ne devrait donc déboucher sur rien. La défense de Polanski plaidera bien sûr la relaxe de son client. Mais le juge Peter Espinoza, en charge du dossier, devrait refuser de statuer.

Il risque toujours deux ans ferme

Trente-deux ans après les faits, le réalisateur du Pianiste risque toujours deux ans de prison ferme, selon les autorités fédérales américaines. Outre ses deux mois de détention en Suisse, Polanski avait déjà passé quarante-deux jours derrière les barreaux en 1978 avant d'être libéré. Il avait alors rapidement quitté le pays craignant d'être plus lourdement condamné en appel. A l'époque, les experts avaient pourtant estimé que le réalisateur ne représentait aucun risque pour les autres. « En 32 ans, il a largement eu le temps de leur donner raison, nous expliquait Hervé Témime, il y a quelques semaines. Aujourd'hui, il veut purger juste cette histoire ! »