Roman Polanski refuse d'être extradé vers les Etats-Unis, le juge la demandera

JUSTICE Il peut demander une liberté sous caution, une mesure qui est exceptionnellement accordée...

M. D. avec agence

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  — NIKO/NIVIERE/LORENVU/SIPA

Le bureau du procureur de Los Angeles a annoncé lundi qu'il allait demander l'extradition du cinéaste Roman Polanski, après son arrestation en Suisse pour une affaire de moeurs datant de 30 ans.

«Nous allons préparer une demande d'extradition, qui sera envoyée au département de la Justice et au département d'Etat, et qui suivra la voie diplomatique», a déclaré à l'AFP Sandi Gibbons, porte-parole du bureau du procureur de Los Angeles, en Californie.

Le cinéaste franco-polonais, lui, ne cède pas. Roman Polanski, 76 ans, a «refusé la demande d'extradition dont il est l'objet de la part des Etats-Unis» après son arrestation en Suisse pour une affaire de moeurs vieille de 30 ans, a indiqué, ce lundi, son avocat, Me Hervé Temime.

Recherché par la justice américaine après une procédure ouverte en 1977 pour des «relations sexuelles illégales» avec une adolescente de 13 ans, le cinéaste pourrait dans les 40 jours, être extradé vers les Etats-Unis.

Dix jours pour demander la liberté sous caution

«Compte tenu des circonstances extravagantes de son arrestation, son avocat suisse sollicitera sans délai sa remise en liberté, éventuellement sous conditions», précise l'avocat de Roman Polanski. «Ses défenseurs soutiendront ultérieurement l'illégalité de la demande d'extradition dont il est l'objet», ajoute la même source. Le réalisateur franco-polonais a passé deux nuits en prison, après avoir été arrêté samedi soir à sa descente d'avion à Zurich, où il devait recevoir un prix pour l'ensemble de son oeuvre au Festival du film de la ville.

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Mais l’obtention d’une remise en liberté peut s’avérer difficile. «Les règles suisses n'excluent pas la liberté sous caution, mais elle est exceptionnellement accordée», a expliqué le porte-parole du ministère de la Justice suisse, Balmer Guido. «C'est au tribunal fédéral de Bellinzone qui décide de l'accorder ou pas», a-t-il souligné, précisant que le cinéaste dispose de «dix jours depuis son arrestation pour présenter un recours auprès du Tribunal fédéral de Bellinzone contre sa détention en Suisse».